Thomas Coville / Sodebo

Pour la troisième fois, l’équipe Sodebo tente de s’emparer du prestigieux Trophée Jules Verne, ce défi ultime de la voile autour du monde en équipage et sans escale. À bord du trimaran Sodebo Ultim 3, Thomas Coville et son équipage ont pris le départ le lundi 15 décembre 2025 à 21h01min05s (heure française), avec un objectif clair : battre le record actuel et boucler leur tour du monde en moins de 40 jours, 23 heures, 31 minutes et 35 secondes.

Un départ tonitruant et un premier record

Dès les premières heures de course, Sodebo Ultim 3 a montré sa détermination en pulvérisant le temps de référence entre Ouessant et l’équateur : 4 jours, 4 heures, 2 minutes et 25 secondes. Une performance qui a confirmé la compétitivité du trimaran et de son équipage, composé de Thomas Coville, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle, Benjamin Schwartz et Nicolas Troussel.

L’Atlantique Sud : un détour stratégique

La traversée de l’Atlantique Sud s’est révélée plus complexe que prévu. L’anticyclone de Sainte-Hélène, positionné de manière défavorable, a forcé l’équipage à adopter une route très à l’Ouest, rallongeant considérablement leur trajet. « C’était vraiment un très grand détour jusqu’au Brésil avant de pouvoir mettre le clignotant à gauche, explique Thomas Coville. Même si ça fait beaucoup de chemin, on a conservé un rythme conséquent avec 35 à 40 nœuds de moyenne. »

Malgré ce contournement, Sodebo Ultim 3 a signé un nouveau record entre Ouessant et le cap de Bonne-Espérance : 10 jours, 23 heures, 55 minutes et 52 secondes.

Les mers du Sud et une série de records

Le passage du cap de Bonne-Espérance a marqué l’entrée dans les mers du Sud, réputées pour leurs conditions extrêmes. Le 1er janvier 2026, l’équipage a offert un cadeau de Nouvel An aux amateurs de voile en battant le record Ouessant – cap Leeuwin : 17 jours, 1 heure et 17 minutes, améliorant de 5 heures et 41 minutes la précédente marque détenue par IDEC Sport depuis 2017.

Le cap Horn et la remontée de l’Atlantique

Le 11 janvier 2026, Sodebo Ultim 3 a franchi le mythique cap Horn, toujours en avance sur le temps de référence du Trophée Jules Verne. L’équipage s’est également offert le record de la traversée du Pacifique, avant d’entamer la remontée de l’Atlantique, dernière ligne droite vers la victoire.

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Alexia Barrier / The Famous Project CIC

Les navigatrices de The Famous Project CIC ambitionnaient de marquer l’histoire du sport en devenant le premier équipage féminin à boucler ce tour du monde sans escale. Et elles l’ont fait ! Alors que la Britannique Tracy Edwards et ses 10 coéquipières avaient échoué il y a 27 ans, Alexia et ses girls ont triomphé de toutes les difficultés. Malgré les avaries et les tempêtes, elles ont su tenir bon jusqu’au bout, illustration de leur résilience et de leur incroyable détermination.  

LEUR TOUR DU MONDE EN 10 DATES :

17 novembre : début du stand-by
29 novembre : départ depuis Brest
8 décembre : passage de l’équateur
12 décembre : avarie de hook
16 décembre : passage du cap de Bonne-Espérance
24 décembre : franchissement du cap Leeuwin
2 janvier : passage du point Nemo
6 janvier : passage du cap Horn
21 janvier : grand-voile déchirée, mis à l’abri à la lattitude des Açores
26 janvier : arrivée à Brest

L’Atlantique pour mise en jambe
« Le mot d’ordre : ne pas casser ! » Alexia annonçait dès le franchissement de la ligne de départ de son tour du monde sa volonté de naviguer prudemment, rationnellement, et de donner à son très international équipage (7 nationalités), la possibilité de prendre son rythme et de rôder, en course cette fois, les mille et un gestes répétés à l’entraînement. Dans un fort coup de vent de nord ouest, sur une mer bien creusée, difficile de placer le curseur au bon endroit sans risquer, dès le départ, la casse si redoutée et responsable, dans la longue histoire du Trophée Jules Verne, de tant d’abandons. Abandon, un mot proscrit à bord du Maxi Trimaran IDEC SPORT qui s’extirpait sans encombre des premières difficultés de son périple. Empannages à répétition dans l’alizé portugais et transition réussie avec les régimes de nord est cette année particulièrement irréguliers et parsemés de bulles d’éventées, permettaient aux navigatrices d’entrer avec sérénité et sérieux dans leur cadence de vie, scandée par les régimes de quart destinés à devenir leur quotidien pour les 8 semaines à venir. Le 7 décembre, Alexia et ses équipières franchissaient l’équateur, après 8 jours et 3 heures d’une navigation maitrisée, malgré un pot au noir particulièrement mesquin, qui s’était évertué à enfler sur le passage du Maxi Trimaran.

On allonge la foulée

Les tropiques, la proximité du Brésil, les alizés de sud-est, ajoutés à un moral des plus conquérant, voyaient l’équipage féminin de the Famous Project CIC s’enhardir,  gagner en confiance au fil des milles pour accumuler les belles journées à plus de 500 milles parcourus, au plus près du coeur de l’anticyclone de Sainte Hélène. Une trajectoire efficace vers le cap de Bonne Espérance qu’elles franchissaient en leur 17ème jour de course, au terme de près de 8 000 milles parcourus à plus de 19 noeuds de moyenne. Seule ombre au tableau, le hook de grand-voile bloqué. Il s’agit d’un ensemble de pièces dont une partie est fixée sur le rail de grand-voile et l’autre sur la têtière. Cet ensemble assure la jonction entre le mât et la voile. Une pièce « custom » en titane fixée sur la têtière qui restait obstinément bloqué, contraignant l’équipage de The Famous Project CIC, à chaque prise ou libération d’un ris, à la démonter, et donc à affaler toute la voile pour accéder à cette pièce. Un premier écueil qu’à force d’obstination, l’équipage allait parvenir à maîtriser.

Au rythme de l’Indien

En glissant le 16 décembre sous le cap des Aiguilles, ce point le plus austral du continent africain, les navigatrices de The Famous Project CIC entraient de plain-pied dans un des monuments d’un tour du monde à la voile, l’Océan Indien. Et en ouverture de ce copieux plat de résistance, c’est le courant des Aiguilles qui leur était servi chaud-bouillant, afin, peut-être, de leur donner un avant-goût de ce si redouté « Grand Sud ». Le courant des Aiguilles tout droit descendu des rivages de Madagascar accélère sous l’Afrique pour atteindre par endroit les 3 nœuds. Face au vent d’ouest, il levait sur la route du Maxi trimaran une mer fortement désordonnée, qui secouait sévèrement l’équipage.  Alexia, Dee, Annemieke, Rebecca, Deborah, Molly, Támara et Stacey trouvaient intelligemment les bons équilibres, entre tenir la barre et pilote automatique, choix des voiles d’avant combinées à leur grand-voile au maniement toujours restreint par ce blocage de hook, et rythme de vie à bord. Elles s’extrayaient à bonne vitesse de cette inamicale zone et plongeaient avec chaque mille un peu plus au Sud, sur une route efficace en direction des Kerguelen. Elles entraient aussi en phase avec ces rouleaux compresseurs de l’océan Indien, où cavalent avec une belle régularité de virulentes dépressions centrées, et depuis quelques années déjà (cf le Dernier Vendée Globe), très au Nord, et qui leur imposaient une route elle aussi très nord, les navigatrices cherchant le meilleur angle et la meilleure force du vent en la partie septentrionale des dépressions. Le maxi trimaran s’ébrouait, allongeait la foulée et les filles de The Famous Project CIC pouvaient lorgner vers le prochain grand marqueur de leur tour du monde, le cap Leeuwin à la pointe occidentale de l’Australie, qu’elles espéraient apercevoir le soir de Noël, un joli cadeau pour tout l’équipage et particulièrement pour l’Australienne du bord, Stacey Jackson.

Un filet de pêche pour Noël !

C’est à l’heure, décalage horaire oblige, où les Australiens ouvraient leurs cadeaux de Noël que les navigatrices du projet 100% féminin de The Famous Project CIC franchissaient la longitude du Cap Leeuwin à la pointe sud ouest du continent Australien. L’équipage cochait ainsi le deuxième des trois grands marqueurs de son tour du monde, après Bonne Espérance le 16 décembre, et avant le Horn, au terme de 25 jours de navigation depuis leur départ d’Ouessant.
Un franchissement hautement symbolique, surtout pour les néophytes du bord, reçu et apprécié comme un véritable cadeau au terme d’une belle et rapide semaine dans l’Océan Indien. Le Maxi trimaran IDEC SPORT y démontrait toute l’étendue de ses étonnantes qualités marines, dans la mer formée et dans le puissant vent de nord ouest qui permettait à Alexia et ses équipières de tutoyer les 700 milles parcourus par 24 heures, à plus de 27 noeuds de moyenne.
Une cavalcade brièvement interrompue ce matin-là par un énorme filet de pêche et ses flotteurs accrochés dans le foil tribord du grand multicoque. « On est passé de 30 nœuds à 5 nœuds! » décrivait Alexia. « On a mis le bateau en marche arrière et on a pu retirer ce gros filet, mais le foil est demeuré bloqué un moment en position basse. » Insoupçonnée à ce moment de l’incident, la délimitation du foil allait quelques jours  plus tard contraindre l’équipage à définitivement se priver de cet important appendice.

Un Pacifique très physique

Les navigatrices de The Famous Project CIC laissaient le 2 janvier en leur bâbord le point Nemo, ce  “pôle maritime d’inaccessibilité », la position géographique, située en plein milieu de l’Océan Pacifique, qui indique le point le plus éloigné de toute terre. Elles dépassaient aussi le lieu précis aux relents de drame où, il y a 27 ans, le premier équipage 100% féminin, celui de la Britannique Tracy Edwards, voyait ses rêves de tour du monde historique s’effondrer en même temps que le mât de leur catamaran Royal&Sun Alliance. Les filles de The Famous Project CIC devenaient à ce moment précis de leur périple, les seules navigatrices à être parvenues si loin dans un Trophée Jules Verne.

Le Horn comme une récompense

Le mardi 6 janvier dernier, à 15 heures 14 (Française), le Maxi Trimaran IDEC SPORT de The Famous Project CIC, franchissait le cap Horn. Un moment d’histoire à figer dans la longue et belle histoire des courses océaniques puisque jamais, jusqu’alors, un équipage entièrement féminin n’avait paré, en course, sans escale et en multicoque, ce fameux rocher chilien. Les navigatrices auront mis un peu moins de 11 jours pour rallier le cap Horn depuis Leeuwin, distant alors de 3 800 milles. Une traversée rapide, marquée par 48 heures de très gros temps, avec une mer infernale et des vagues de plus de 8 mètres, et ce vent soufflant en rafales à plus de 50 nœuds. L’équipage, alors parfaitement rôdé aux manœuvres et à la conduite du Maxi Trimaran y faisait preuve de solidité, de cohésion et de sang-froid, toujours confronté à ce hook de grand-voile récalcitrant qui le contraignait à mettre en fuite pour effectuer une prise ou un renvoi de ris. Une trans Pacifique placée sous le signe de la constance, le Maxi Trimaran alignant avec une belle régularité des journées à plus de 550 milles, sur une route certes très nord, mais efficace et rationnelle, en bordure des virulentes dépressions du grand sud. Soumises à la fatigue, au froid, à la neige, mais toujours aussi appliquées aux réglages, à l’anticipation et au pilotage affiné du Maxi Trimaran, les 8 navigatrices de The Famous Project CIC y affirmaient cette solidarité et cette bienveillance permanente, signatures de leur tour du monde. En leur 38ème jour de navigation et avec près de 16 000 milles parcourus (25 700 km), les filles de The Famous Project CIC pouvaient entamer le dernier morceau de bravoure de leur périple, la remontée de l’immense Atlantique.

La tête à l’endroit…

Les 8 navigatrices de The Famous Project CIC naviguaient depuis le 15 janvier la tête à l’endroit. Elles franchissaient de nouveau l’équateur en leur 48ème jour de mer. Elles pouvaient légitimement se féliciter d’une navigation rapide et efficace en Atlantique Sud. Passées sous le cap Horn en milieu d’après-midi le 6 janvier dernier, elles n’auront mis que 9 jours, 5 heures et 38 minutes pour rallier l’équateur, soit l’une des toutes meilleures performances de tous les temps sur ce trajet. Fidèle à sa réputation, la Zone de Convergence Intertropicale, le sinistre pot au noir, faisait preuve de malice pour ralentir, voire retenir les filles de The Famous Project CIC. Les amas orageux se multipliaient sur la route du Maxi Trimaran IDEC SPORT, au fur et à mesure qu’il tentait de gagner dans le nord. Avec l’entrée dans les alizés, venait le moment toujours redouté de réduire la toile en conséquence, et le hook réfractaire de la grand-voile faisait de nouveau des siennes, contraignant Alexia et ses équipières à une nouvelle opération démontage-remontage des plus pénible, mais aussi pénalisante pour la vitesse. Et comme les ennuis volent toujours en escadrille, c’est en effectuant cette délicate prise de ris que les filles constataient une déchirure sur la chute de la GV. Un atelier voilerie se mettait en place, tandis que de nombreux bancs de sargasses venaient freiner la progression du bateau.

Un final sous haute tension

« Si c’était facile, tout le monde le ferait ! » La boutade lancée par la Britannique Dee Caffari, en réponse à la première déchirure de la grand-voile du Maxi Trimaran IDEC SPORT, prenait, à un bon millier de milles de l’arrivée, tout son terrible sens. La grand-voile une première fois déchirée au niveau du deuxième ris, explosait littéralement après 55 jours de mer. Privé de foil tribord, la maxi trimaran perdait l’usage de ses pilotes automatiques. Et pourtant, face à l’accumulation de ces défections, les 8 femmes du bord serraient les dents et s’entêtaient à vouloir à tout prix boucler la boucle, achever ce titanesque pari qu’aucun équipage féminin n’a jamais réalisé, un tour du monde sans escale en Maxi Multicoque. Le rêve d’Alexia la Française, de Dee et Deborah les Britanniques, d’Annemieke la Néerlandaise, de Rebecca la Suisso-Néo-Zélandaise, de Molly l’Italo-Américaine, de Tamara l’Espagnole et de Stacey l’Australienne, à portée d’étraves, se voyait alors menacé par une énorme tempête hivernale ironiquement prénommée… Ingrid. Sous mât seul et, au moindre mollissement du vent, avec l’aide du J3, obstinées en diable, Alexia et les 7 équipières de The Famous Project CIC ne vivaient plus qu’au rythme de leurs quarts de trois heures sur le pont.

Thomas Coville / Sodebo

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

François Gabart / SVR Lazartigue

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

Franck Cammas & Charles Caudrelier / Gitana Team

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

Thomas Coville / Sodebo

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

Yann Guichard / Spindrift Racing

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

Yann Guichard / Spindrift Racing

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

Francis Joyon / Idec-Sport

Les tentatives de record, à l’assaut du Trophée Jules Verne, sont autant d’aventures océaniques, qui méritent d’être racontées ici.

Graves avaries ou retards trop importants ont souvent stoppé des capitaines courageux dans leur élan. D’autres skippers sont parvenus à boucler leur tour… Seulement pas assez vite pour battre le record alors établi.

Ces performances, histoires d’hommes, de femmes et de bateaux, seront retranscrites dans ces pages.

À bientôt !

Francis Joyon / Idec-Sport

Moins d’un mois après une tentative avortée au bout d’une semaine de navigation en raison d’un Pot au Noir coriace, Francis Joyon, Bernard Stamm, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Sébastien Audigane ont franchi la ligne de départ, à Ouessant, le 16 décembre à 9h19. Et la motivation était totale. « On est têtu, l’objectif reste le même : être de retour en moins de 45 jours, a confié Francis Joyon avant d’embarquer. On n’est pas des mathématiciens, il est toujours difficile de parler en pourcentages pour ce genre d’aventure. Mais on a une chance, c’est déjà beaucoup, et on est là pour la saisir ! »

©Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC Sport
©Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC Sport

Bon tempo dans l’Atlantique

Les six marins ont rapidement pris leurs marques à bord du maxi-trimaran Idec Sport tandis que les conditions météorologiques leur ont permis d’avancer bon train. Résultat : les Canaries ont été en vue après 48 heures de mer. Si, par la suite, le Pot au Noir a forcé la Team Joyon à ralentir un peu la cadence, l’Equateur a été atteint au bout de 5 jours, 18 heures et 59 minutes. Un temps qualifié de « correct » par Joyon qui reste ainsi « dans les roues » du détenteur du Trophée, à savoir Loïck Peyron. Avec la bascule dans l’hémisphère sud, les cirés ont été temporairement remisés dans les sacs. Les alizés et le soleil ont fait leur apparition pour le plus grand plaisir des six hommes.

A l’aube du 11ème jour, l’équipage d’Idec Sport a rejoint les Quarantièmes et c’est à une moyenne de plus de 30 nœuds que s’est effectuée la descente vers le Cap de Bonne Espérance. La chasse aux milles s’est donc intensifiée et, le 29 décembre, au cœur de la nuit, le maxi-trimaran rouge et gris a doublé la première des trois grandes marques géographiques jalonnant sa chasse au Trophée Jules Verne. Au cours des 24 heures suivant le passage du Cap de Bonne Espérance, Francis Joyon et ses cinq acolytes ont avalé pas moins de 872 milles, signant sans le savoir à ce moment là la meilleure journée de leur périple autour du monde.

©Mer et Média / Idec Sport
©Mer et Média / Idec Sport

C’est donc pied au plancher qu’Idec Sport a fait son entrée dans l’Océan Indien. Et les six marins n’ont alors pas eu de cesse de revenir sur le record détenu depuis 2012 par Loïck Peyron. Poussés par des vents portants, l’équipage a joué la carte de l’efficacité. En guise de cadeau pour la nouvelle année, la team Joyon a vu ses efforts récompensés : dans la nuit du réveillon, elle a virtuellement dépassé Loïck Peyron et ses 13 hommes du maxi-trimaran Banque Populaire V.

Sprint austral

Le froid du Grand Sud a obligé les hommes à sortir les cagoules en néoprène et les fêtes de fin d’année se sont déroulées sous le signe du labeur. Mais le moral est resté bon. « Dehors, tout est uniformément gris et monotone depuis près d’une semaine, a raconté Clément Surtel. Mais tenir de telles vitesses jour après jour provoque une incroyable stimulation ». Et Francis Joyon d’ajouter : « Le choix du petit mât, et de la légèreté induise par notre équipage réduit, font des merveilles dans le sud, dans du vent fort bien orienté sur l’arrière du bateau ».

Le 2 janvier, Idec Sport a rallié le Cap Leeuwin, au sud-ouest de l’Australie, débutant ainsi une jolie série de records. Avec un passage à Leeuwin en 17 jours, 06 heures et 59 minutes, Joyon et sa bande ont en effet effacé de plus de 16 heures la performance de Peyron. Galvanisés par cette belle performance, les six hommes ont enchaîné à peine deux jours plus tard avec un nouveau record intermédiaire entre Leeuwin et la Tasmanie : 18 jours, 18 heures et 31 minutes, balayant ainsi le record établi l’année précédente par le maxi-trimaran Spindrift 2 de Yann Guichard et Dona Bertarelli.

A l’assaut du Cap Horn

Après l’Océan Indien, place au Pacifique. « Le casque ou la cagoule en néoprène ont été remplacés par les lunettes de soleil et le simple bonnet, a alors confié Sébastien Audigane dans son carnet de bord. Ça fait du bien de souffler un peu, la route est encore longue pour le Horn ». Le Horn, comme l’appelle presque intimement ceux qui l’ont déjà cotoyé, ce rocher noir marquant la fin du Pacifique, est toujours un moment crucial d’une circumnavigation. Ce monument du monde de la navigation fascine et à la fois effraie. Mais son passage est le synonyme du retour tant attendu dans l’Atlantique.

©Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC Sport
©Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC Sport

Le 12 janvier, après 26 jours, 15 heures, 45 minutes de mer et avec 4 jours 06 heures et 35 minutes d’avance sur le temps de référence de Banque Populaire V, le Horn est franchi par l’équipage d’Idec Sport. Ce dernier a alors signé son quatrième record intermédiaire avec celui de l’océan Pacifique entre la pointe sud-est de la Tasmanie et le Cap Horn (07 jours 21 heures et 14 minutes). La joie est grande à bord du bolide des mers.

Cap au nord

La remontée le long des côtes brésiliennes s’est déroulé sans trop d’encombres. Dans la foulée, le Pot au Noir a été bien négocié par les six marins qui ont choisi d’effectuer une vaste manœuvre de contournement pour ne pas se retrouver englués. Si le trajet s’est logiquement un peu allongé à la faveur de cette stratégie mise en place par le routeur de génie Marcel van Triest, cette dernière s’est révélée payante. Le 20 janvier, Joyon, Audigane, Surtel, Gahinet, Pella et Stamm ont de nouveau dépassé l’Equateur. 35 jours, 04 heures et 09 minutes, le chrono est ahurissant ! Les six marins ont amélioré de 2 jours, 22 heures et 36 minutes le précédent record détenu depuis 2012 par Loïck Peyron.

©Mer et Média / Idec Sport
©Mer et Média / Idec Sport

Mais pas le temps de se congratuler ! Le regard est désormais tourné vers les côtes bretonnes où la perspective d’un record est de plus en plus grande. « On commence à parler un peu de l’arrivée », a confié Gwénolé Gahinet le 23 janvier. « Sous un ciel mi étoilé et poussé par des vents de sud nerveux Idec Sport dévale les pentes au large de Lisbonne, raconte pour sa part Sébastien Audigane deux jours plus tard. Une dernière ligne droite en direction des côtes finistériennes, le vent devrait refuser dans le golfe de Gascogne. La dernière nuit risque d’être sportive et humide au reaching ».

Et à l’arrivée, le Trophée

Sébastien Audigane ne s’est pas trompé. La dernière nuit a été sportive pour l’équipage qui a tout donné pour boucler son tour du monde en … moins de 41 jours. Le 26 janvier à 8h49, le maxi-trimaran rouge et gris s’est adjugé le Trophée Jules Verne après 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes passés en mer. Le tout à une moyenne de 22,84 nœuds et avec – en bonus – 6 record intermédiaires.

©Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC Sport
©Jean-Marie Liot / DPPI / IDEC Sport

La performance est incroyable et la joie se lit sur les traits fatigués des six marins accueillis en véritable héros à Brest par leurs amis, leurs familles et les nombreux badauds ayant bravé le froid breton de ce petit matin de janvier.