Sodebo, une incroyable réussite collective

En devenant ce dimanche 25 janvier 2025 l’équipage le plus rapide autour du monde, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel s’offrent un record qui n’avait plus été battu depuis neuf ans et treize tentatives. Ce temps de 40 jours, 10 heures et 45 minutes et 50 secondes* appartient désormais à l’histoire.  Leur cohésion, leur abnégation et leur humilité tout au long de ce tour du monde sont les meilleures illustrations des valeurs insufflées au quotidien par Sodebo. Ce succès célèbre le collectif, l’audace, la solidarité et la fidélité, ce que défend Sodebo avec passion en course au large depuis 1998.

Ils ont enfin pu lâcher la barre, les quarts, leur concentration extrême et ce qui fait leur vie depuis plus d’un mois. Ce dimanche matin, les sept marins de Sodebo Ultim 3 ont laissé exploser leur joie et savouré, surtout, leur incroyable performance, les émotions et le vertige qui vont avec. Pour la première fois depuis neuf ans et treize tentatives, un équipage est parvenu à battre le record autour du monde à la voile. En bouclant leur tentative en 40 jours, 10 heures et 45 minutes et secondes, ils réalisent un exploit de géant malgré des conditions beaucoup moins propices que celles de leur prédécesseur, IDEC Sport (en 2017). C’est aussi le premier trimaran volant à boucler un tour du monde sans escale. Mais ce succès est loin d’être seulement une affaire de chiffres et de statistiques. C’est une incroyable aventure humaine, le fruit d’un travail collectif de longue haleine basé sur des valeurs communes.

« À bord, il y a une confiance mutuelle » (Thomas Coville)
« Cet exploit, c’est le résultat de la belle histoire que l’on écrit depuis 27 ans avec Thomas », confie ce dimanche Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo. Ces marins et toute l’équipe à terre démontrent pour elle « ce qui est important au quotidien dans notre entreprise ». « Ils ont avancé et grandi ensemble comme nos salariés qui s’attachent à faire grandir Sodebo ». Un état d’esprit qui s’insuffle aussi dans l’engagement de l’entreprise en course au large depuis 1998 et son soutien inconditionnel à l’équipe menée par Thomas Coville.
La quête du Trophée Jules Verne est en effet une des meilleures illustrations de la pugnacité et de la force de conviction chez Sodebo. L’équipe a tenté sa chance à quatre reprises ces six dernières années (une fois en 2020, deux fois en 2024 et cette année 2025). Malgré les deux tentatives avortées l’an dernier – l’une à l’équateur, l’autre dans l’océan Indien – la cohésion et la solidarité au sein de l’équipage étaient déjà particulièrement fortes. Et ils savaient qu’ils avaient cette histoire commune à terminer ensemble. C’est chose faite ! Ce n’est pas un hasard si tous les marins qui étaient de l’aventure l’an dernier ont souhaité repartir cet hiver, se replonger dans un défi aussi exaltant qu’incertain. Rapidement, ils ont retrouvé leurs automatismes en mettant leurs compétences et leur savoir-faire au service de l’intérêt commun. « À bord, il y a une confiance mutuelle entre nous, assure Thomas Coville. Le facteur X, c’est le fait que le geste des uns amène le geste des autres, que le courage des uns entraîne celui des autres ».

Entre audace, constance et résistance
Avant de s’élancer, tous savaient qu’il fallait faire preuve d’audace et provoquer, aussi, ce zeste de réussite et de chance primordial dans ce type de tentative. Les « Sodeboys » l’ont démontré d’entrée de jeu en profitant d’une fenêtre météo intéressante après seulement quatre jours de stand-by. S’ils ont réussi un départ canon, ils ont ensuite bataillé : contrairement à IDEC Sport en 2017, ils ont dû rallonger la route et s’adapter face à des enchaînements météo loin d’être idéaux. À titre d’exemple, l’équipage de Francis Joyon avait traversé l’océan Indien sans réaliser un seul empannage alors qu’il en a fallu plus d’une vingtaine pour Sodebo Ultim 3 !
Le long contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène dans l’Atlantique Sud, la présence d’icebergs, et les dizaines d’empannages dans les mers du Sud, l’avarie d’amure de J0 au retour, la traversée de la tempête Ingrid : tout au long de leur tentative, rien n’aura été facile. Mais leur sérieux, leur résistance et leur constance, tout comme leur bonne humeur communicative, ont façonné leur tour du monde et menés jusqu’à cet incroyable record.

Une joie à la hauteur de l’exploit
Une performance de haute volée jusqu’au dernier bord, entre Ouessant et le cap Lizard, avant de franchir la ligne à près de 40 nœuds et enfin d’exulter et de lâcher prise. Les conditions sont devenues plus clémentes, une éclaircie a percé la grisaille et les marins ont enfin pu lâcher prise. Enfin, ils pouvaient profiter et prendre progressivement la mesure de leur exploit. Progressivement, ils ont aperçu des dizaines de bateaux, des visages familiers, ceux des proches, de l’équipe, des collaborateurs de Sodebo. À l’approche du port, ils ont vu ces centaines de spectateurs, massés tout au long de la rive et autour du quai Malbert. À chacun ses retrouvailles, ses larmes, ses sourires, ses embrassades. Les familles sont ensuite montées à bord, le champagne a été sabré, la communion avec le public a été totale. Pour leurs premiers pas à terre, ils ont eu le droit à une haie d’honneur formée par les spectateurs jusqu’à la scène où ils sont revenus sur leurs exploits. Les sept fantastiques – que Thomas appelle “le sept majeur” – ont ainsi commencé à renouer avec la terre avec le cœur léger et la certitude que la fête ne fait que commencer.

LES SEPT MARINS RACONTENT LE TOUR DU MONDE
La prouesse collective par Thomas Coville :
« Un projet comme ça, c’est le projet d’une vie. On voit passer les années, les échecs, les constructions pour aboutir à ce graal. Quand on le réalise avec des personnes d’univers différents, qui acceptent de se battre avec la même envie et la même détermination, c’est fantastique. On vit ça très rarement dans une vie. Je tiens à remercier l’équipe technique pour tout le travail en amont. Sodebo Ultim 3 est devenu le premier Ultim à boucler le tour du monde sans s’arrêter. Et jusqu’à la dépression Ingrid, on n’a quasiment rien abîmé sur le bateau ! À bord, dans notre petite capsule, il y a une forme de respect qui nous a tous animés et qui nous a permis d’aller au bout. Et à l’arrivée, il y a une incroyable joie collective. »

Le départ et la descente de l’Atlantique par Benjamin Schwartz :
« Le départ, ça a été le premier choix difficile de ce tour du monde. Au cours de la semaine précédente, on a décidé de ne pas prendre la fenêtre météo. Et le samedi, Philippe Legros (responsable de la cellule routage) nous dit que c’est vraiment une belle opportunité. Le lendemain, on regarde et on se dit « on n’a pas le choix, il faut y aller ». L’équipe technique a fait un incroyable travail, on a tout chargé dans le bateau et on est partis le lundi (15 décembre). Et l’avance qu’on a eue à l’équateur (4 jours 4 heures 2 min 25 sec) a été un trésor. Ça a été déterminant pour battre le Trophée Jules Verne. »

Le passage des caps par Léonard Legrand :
« À chaque cap, il y a toujours beaucoup de joie et d’émotions. Mais c’est rapide parce qu’il y a toujours du travail et qu’il ne faut pas s’assagir ! Quoi qu’il en soit, ce sont de supers moments à vivre. Nous avons eu la chance à chaque point intermédiaire de marquer un nouveau temps de référence, sauf à l’antiméridien. À chaque fois, on le voyait s’afficher sur Wikipedia. C’est très symbolique, comme en Formule 1 quand on allume les secteurs violets… Mais ce sont des souvenirs qui resteront ! »

Le cap Horn par Nicolas Troussel :
« Le cap Horn, c’était magique, un grand moment. On a eu de la chance de passer de jour, avec du gros temps. On a pu passer un peu de temps dehors pour l’admirer. Dans la vie d’un marin, c’est un moment très fort et un aboutissement. Et puis ça nous a permis de passer du temps tous ensemble parce que finalement, on se croise plus qu’autre chose entre les quarts. »

La remontée de l’Atlantique Sud par Guillaume Pirouelle :
« Quand on franchit le cap Horn, on a tendance à se dire qu’on est bientôt arrivé mais Thomas nous avait prévenu qu’il ne fallait pas nous relâcher. Les routages ont été pessimistes jusqu’à l’équateur, on se disait qu’on allait perdre notre avance. Il a fallu s’accrocher. On a réussi à passer deux transitions mieux qu’attendu, ce qui nous a permis d’être un peu plus rapide qu’espéré. Mine de rien, ça faisait plus de 30 jours qu’on naviguait et le bateau commençait à fatiguer. On a eu une frayeur avec la casse de l’armure de J0 qui aurait pu avoir de plus graves conséquences. Mais on a su garder le rythme ! »

La dépression Ingrid et l’arrivée, par Frédéric Denis :
« Nous avions déjà plus de 35 jours de mer et on avait réussi à conserver de l’avance par rapport à IDEC Sport. La remontée dans l’alizé a été rapide mais chahutée. Ensuite, nous avons dû faire face à la dépression Ingrid qui nous barrait la route. Ce n’était vraiment pas facile à négocier et il y avait forcément de l’appréhension à ramener le bateau en un seul morceau. On sentait les vagues virulentes contre la coque et on sait que cela peut arracher des morceaux du bateau. On a su faire les bons choix et garder notre sang-froid. Ça nous a permis de tenir bon jusqu’au bout et de nous offrir ce record ! »

BREST, FRANCE – JANUARY 25 : Thomas Coville and his crew, Benjamin Schwartz, Léonard Legrand, Frederic Denis, Pierre Leboucher, Guillaume Pirouelle, Nicolas Troussel, aboard the Maxi Trimaran Sodebo Ultim 3 off Ouessant, celebrate winning the Jules Verne Trophy, a non-stop crewed round-the-world race, in Brest on January 25, 2026. Photo © Lloyd Images / Sodebo

La joie de l’arrivée, par Pierre Leboucher : 
« Ça fait vraiment du bien d’arriver ! Les dernières heures ont été compliquées à cause du passage de la tempête. Nous avions tous confiance dans le bateau mais on savait aussi que la casse pouvait survenir à tout moment. Mais on a tenu bon jusqu’au bout. Globalement, ça s’est toujours très bien passé entre nous, même si on a vécu 40 jours dans une petite zone de vie. Nous étions tous concentrés sur l’objectif, c’était vraiment chouette ! Tous nos proches sont venus, j’ai de la famille de Paris, des amis de Toulouse, mes voisins… Avec l’accueil du public, la chaleur humaine qu’on a ressentie ici à Brest, c’est juste incroyable et très émouvant ! »

40 JOURS, 10 HEURES ET 45 MINUTES POUR FAIRE LE TOUR DU MONDE À LA VOILE

En franchissant la ligne entre Ouessant et le cap Lizard après 40 jours, 10 heures, 45 minutes en mer, Sodebo Ultim 3 devient le bateau le plus rapide autour du monde. Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel ont été plus rapides de 12 heures et 44 minutes par rapport au précédent record, détenu par IDEC Sport depuis 2017. Il aura donc fallu neuf ans, treize tentatives, dont trois de Sodebo, pour que ce record iconique de la course au large soit battu. 

Les skippers n’ont pourtant pas été épargnés par les conditions, ont dû allonger la route dans l’Atlantique sud, éviter les icebergs dans les mers du Sud et résister à la tempête Ingrid à l’approche de l’arrivée. Cela ne les a pas empêchés, après un départ canon, de s’offrir deux records (Ouessant-équateur et l’océan Pacifique) et de signer des temps de référence à chaque cap (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn). Au-delà de la performance sportive, cette aventure est avant tout une formidable histoire collective partagée jour après jour et portée par un formidable engouement populaire. Cet exploit historique célèbre le sens du collectif, l’engagement et la fidélité dont fait preuve Sodebo, acteur majeur de la course au large depuis 1998.

Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo : 
« C’est une joie intense, à la fois du soulagement et beaucoup d’excitation. On est entouré de la famille, des amis, des partenaires et de nombreux salariés de Sodebo. On est très heureux et très fiers de partager ce moment avec eux, comme nos marins l’ont fait tout au long de leur parcours. C’est le résultat de la belle histoire commune que nous écrivons depuis 27 ans avec Thomas (Coville). Ce qui nous plaît, c’est de voir des femmes et des hommes réunis autour d’un projet commun, avec une détermination à toute épreuve. Ils démontrent ici ce qui est important pour nous au quotidien dans notre entreprise. Ils ont avancé ensemble, ils ont grandi ensemble, comme nos salariés, très mobilisés et attachés à faire grandir Sodebo. »

LIVE | Sodebo Ultim 3 nouveau détenteur du Trophée Jules Verne

À suivre Arrivée dans la rade de Brest, en direct

https://www.youtube.com/watch?v=DknhJsa7CCU&list=PL95LaQy3Y3uCpdhOQhYppd9mXQz1mq3sX&index=6

7h49 – Sodebo Ultim 3, 10ème équipage à battre le record du Trophée Jules Verne 

Après 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes, Sodebo Ultim 3 bat le nouveau record du Trophée Jules Verne.

 

7h43 – Live du passage du passage de ligne

Il ne reste que quelques milles à l’équipage de Sodebo avant le passage de la ligne de ce Trophée Jules Verne. Suivez en direct cette fin de tour du monde !

https://www.youtube.com/watch?v=LRYs95Arwxk&list=PL95LaQy3Y3uCpdhOQhYppd9mXQz1mq3sX

Sodebo Ultim 3 doit faire face à la tempête Ingrid avant de boucler la boucle…

Il reste près de 1 500 milles (2 778km) à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne entre Ouessant et le cap Lizard. Pourtant, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel savent que ces dernières heures s’annoncent très délicates. Un défi de taille les attend : une forte dépression hivernale nommée Ingrid leur barre la route entre les Açores et le golfe de Gascogne. Face à ces conditions extrêmes que le bateau n’a jamais rencontrées mais pour lequel il a été normalement conçu, ils vont s’attacher à trouver le bon compromis pour continuer à progresser tout en restant en sécurité. Toujours en avance sur la trace d’IDEC Sport, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est attendu sur la ligne d’arrivée entre samedi soir et dimanche matin. Pour faire tomber le record qui tient depuis 2017, ils doivent passer la ligne avant 20h31 dimanche soir… 

Dans les alizés qui permettent de poursuivre la remontée de l’Atlantique, l’équipage a bénéficié d’un peu de répit ces dernières heures. « Ça tapait un peu mais on a levé le pied, confie Benjamin Schwartz. On est surtout dans la gestion pour anticiper la suite ». Tous ont en effet les yeux rivés sur ce qui les attend à partir de demain, quand ils se rapprocheront des Açores. « Une très grosse dépression hivernale nous attend et nous accompagnera jusque dans le golfe de Gascogne », explique Thomas Coville. Des vents de plus de 40 nœuds, des rafales à 50 nœuds et une mer déchaînée sont attendus, avec « plus de 10 mètres de houle », précise-t-il.

« Trouver le bon dosage entre vitesse et sécurité »
Alors que les premiers effets de la tempête seront perceptibles dès demain midi, rien n’est laissé au hasard par l’équipage de Sodebo Ultim 3 qui se prépare. Un check complet du trimaran géant a été réalisé. L’équipage travaille également étroitement avec la cellule routage à terre pour veiller à leurs trajectoires. « Notre but, c’est d’arriver à se laisser de la marge pour anticiper les conditions les plus fortes », précise Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Concrètement, Sodebo Ultim 3 devrait rester à proximité de la route directe. « Si les routages nous amènent près de la côte espagnole, nous avons choisi de faire une route plus ouest afin de garder une marge de manœuvre ». Une fois passé le plus fort de la tempête, la fin de parcours s’annonce également incertaine, à cause de phénomènes secondaires générés par la dépression.

Cette dépression, « c’est Rendez-vous en terre inconnue » assure Philippe Legros. Pour y faire face, Thomas Coville rappelle qu’il est essentiel de « trouver le bon dosage entre la vitesse et notre sécurité et le record ». Benjamin Schwartz sourit : « le but c’est d’arriver avec le record mais d’arriver surtout ». Dans de telles conditions, il est difficile de connaître avec précision le moment où Sodebo Ultim 3 franchira la ligne d’arrivée. Thomas Coville évoque « une arrivée dans la nuit de samedi à dimanche, peut-être dimanche ». En attendant, la vigilance, la concentration et le sang-froid sont à leur maximum. « Cette tentative de Trophée Jules Verne n’aura pas été de tout repos, conclut Thomas. À nous de gérer du mieux possible ce nouveau défi. »

 

Sodebo Ultim 3 passe l’équateur et entre dans le dernier sprint pour tenter de battre le record du Trophée Jules Verne !

Ils sont de retour dans l’hémisphère nord ! Ce lundi 19 janvier à 04h20 (heure française), Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel ont franchi l’équateur. Après 34 jours, 7 heures et 19 min de mer, ils gardent toujours une certaine avance de 20 heures et 49 minutes par rapport à la trace du détenteur IDEC Sport qui l’avait franchi en 35 jours, 04 heures et 09 minutes en 2017. Mais l’Atlantique Nord, le dernier tronçon, s’annonce comme un nouveau défi avec son lot de difficultés, en particulier le contournement par l’Est de l’anticyclone des Açores. Puis, il faudra probablement négocier une mer formée au large de l’Espagne et dans le Golfe de Gascogne sous l’effet d’une violente dépression qui traverse l’Atlantique.

Pour battre le record, l’équipage de Sodebo Ultim 3 doit franchir la ligne avant 20h31 dimanche 25 janvier et parcourir les derniers 3279 milles (6072km) jusqu’à la ligne d’arrivée entre Ouessant et le cap Lizard !

Sonore réaction de Benjamin Schwartz après le passage de l’équateur : cliquer ici
Images du passage de l’équateur : cliquer ici

Enfin la fin de l’Atlantique Sud
Après le cap Horn dimanche 11 janvier, et la fin des mers du Sud, les sept marins se sont employés à la remontée de l’Atlantique Sud tout aussi délicate que les précédents océans. La faute à des conditions météorologiques très complexes. « On a eu du mal à s’extirper de cet Atlantique Sud, reconnaît Thomas Coville ce dimanche. » Le positionnement de l’anticyclone de Sainte-Hélène engendrait en effet des zones sans vent et de nombreuses incertitudes. Sodebo Ultim 3 a donc progressé à la lisière de ces zones instables tout en faisant plus de route que le fantôme d’Idec Sport (environ 6% de plus depuis le départ).

Il a aussi fallu faire face à la casse de l’armure de J0 (point d’attache de la plus grande voile d’avant) au large de l’Uruguay et à plusieurs dégâts collatéraux. « Cela a nécessité quatre à cinq heures de travail avant qu’on puisse renvoyer le J0 », précise Guillaume Pirouelle. Avec un bateau à nouveau à 100 %, ils ont ensuite traversé une « dépression mourante ». Dans la foulée, Sodebo Ultim 3 a « retrouvé du vent d’alizé, certes un peu instable, mais qui nous a permis de progresser vers le Nord », raconte Thomas. « Là, c’étaient des conditions idéales avec des vitesses à 30-35 nœuds, une mer plate et le moral au beau fixe », apprécie Guillaume Pirouelle.

Retour dans l’hémisphère Nord
Même si rien n’a été facile cette semaine, les « Sodeboys » ont su tenir bon. « Ce qui est fort dans cette aventure, c’est que le courage de chacun encourage le courage des autres », apprécie Thomas. Ils l’avaient quitté le samedi 20 décembre à 1h 03 min (heure française), date de leur premier franchissement de l’équateur seulement 4 jours et 4 heures 2 min après leur départ de Ouessant. En passant l’équateur après 34 jours, 7 heures et 19 min en mer, l’équipage compte 20 heures et 49 minutes d’avance sur le détenteur du Trophée Jules Verne, IDEC Sport.  « Nous aurions aimé avoir plus d’avance mais ce n’était pas possible avec les conditions que nous avons eues, décrypte Thomas. Nous sommes encore devant et on va jouer avec nos cartes ! »

L’Atlantique Nord, le dernier run pour le record…
Désormais, il ne reste plus que 3279 milles (6072 km) à parcourir pour rallier la ligne d’arrivée entre Ouessant et le cap Lizard. Pourtant, cette fin de tentative s’annonce épique et difficile. « Ce sera très engagé », certifie Thomas. En cause ? L’anticyclone des Açores, qui est plus à l’ouest que d’habitude. « Après le pot-au-noir, on va rentrer dans des alizés de nord, au près, pour monter jusqu’à l’anticyclone », précise Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Ensuite, ils devraient contourner l’anticyclone par l’est. Dans la foulée, il faudra se positionner pour faire face à une forte dépression, avec des conditions extrêmement virulentes. Sodebo Ultim 3 pourrait « être sous l’influence de cette dépression à partir de vendredi prochain », précise le routeur du trimaran. À bord, les sept marins sont prêts à maintenir le niveau d’engagement et déterminés à rallier Ouessant avant dimanche prochain, 20h31, temps limite pour faire tomber le si prestigieux record autour du monde imbattu depuis 2017.

Après un mois sur sa tentative de Trophée Jules Verne, Sodebo Ultim 3 garde une longueur d’avance

Depuis un mois jour pour jour, l’équipage de Sodebo Ultim 3 s’applique dans la tentative du Trophée Jules Verne. Partis le 15 décembre dernier, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel se sont offerts les temps de référence aux trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn) mais aussi de nouveaux records. Ils remontent actuellement l’Atlantique Sud et sont attendus à l’équateur lundi prochain dans la matinée. Afin de battre le record du tour du monde, détenu depuis 2017 par IDEC Sport (40 jours et 23 heures et 30min), les « Sodeboys» doivent atteindre Ouessant avant le dimanche 25 janvier à 20h31.  Et ils comptent bien ne rien lâcher ! 

Il s’agit d’une nouvelle étape symbolique. Mercredi, Sodebo Ultim 3 a coupé la trajectoire établie quelques semaines plus tôt lors de la descente de l’Atlantique. « Ça signifie que nous avons pu faire le tour de l’Antarctique en 28 jours, ce qui donne une idée de notre vitesse depuis notre départ », sourit Thomas Coville. Même si les conditions météo les ont obligés à faire une route 10% plus longue qu’IDEC Sport en 2017 (soit 1570 milles/2900km ce jour), l’équipage reste en avance sur le détenteur du Trophée Jules Verne. Depuis le départ, Sodebo Ultim 3 tient le rythme à 30 noeuds de vitesse moyenne (56 km/h). Pourtant, le skipper ne souhaite pas s’y appesantir et rappelle que « chaque échéance à venir va être importante ».

« À nous de bien garder la tête froide »
Après avoir dépassé le cap Horn dimanche 11 janvier, l’équipage s’emploie actuellement à contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène, « un premier obstacle aux allures de juge de paix » selon Thomas. « L’anticyclone n’est pas formé de façon classique, il y a dans sa partie ouest une zone sans vent que le bateau contourne actuellement, explique Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Il devrait ensuite trouver un léger flux d’alizé demain avant de rencontrer une nouvelle zone de vents faibles et incertains demain soir ». Une fois sorti des griffes de l’anticyclone, l’équipage pourra se projeter sur le passage de l’équateur, vraisemblablement lundi dans la matinée, avant d’entamer la dernière ligne droite et la traversée de l’Atlantique nord jusqu’à l’arrivée.
« À nous de bien garder la tête froide et de rester concentrés sur le vent, la stratégie et la trajectoire », assure Thomas. Malgré l’intensité de l’exercice, les 7 marins ne vont rien lâcher ! « Nous savons qu’il s’agit des dix jours les plus tendus nerveusement mais le bateau est à 100 % et l’équipage aussi. C’est notre plus bel argument et notre plus belle fierté pour réussir la fin de notre tentative ! »

Sodebo Ultim 3 franchit le cap Horn en avance sur le détenteur du Trophée Jules Verne et s’offre le record du Pacifique

Avant le coucher du soleil, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel ont franchi le dernier des trois caps majeurs de leur tour du monde ce dimanche à 01h 47min (heure française). Ils en profitent pour signer une nouvelle performance : le record de la traversée du Pacifique* en 7 jours, 12 heures et 12 minutes. Surtout, depuis leur départ il y a 26 jours, 4 heures et 46 minutes, Sodebo Ultim 3 reste plus rapide qu’IDEC Sport qui détient le Trophée Jules Verne depuis 2017. Au passage du mythique rocher, les « Sodeboys » disposent en effet de 10 heures et 59 minutes d’avance sur l’équipage de Francis Joyon. Pourtant, ils abordent la suite avec concentration et humilité, tant les conditions attendues dans l’Atlantique Sud s’annoncent piégeuses.

Le cap Horn, le franchissement d’un mythe

Ils se sont tous retrouvés sur le filet du trimaran pour vivre ce moment incroyable dans une vie de marin. À 01 h 47min ce dimanche (heure française) mais de jour pour eux, les sept membres de l’équipage de Sodebo Ultim 3 ont en effet passé le cap Horn, à la pointe de l’Amérique du Sud. Thomas Coville est un habitué de ce cap mythique puisqu’il le franchit pour la 12e fois de sa carrière. En revanche, c’est une grande première pour ses six équipiers qui deviennent cap-horniers à leur tour. L’émotion est forcément palpable, d’autant que cela marque la fin des mers du Sud particulièrement exigeantes. Que ce soit dans l’Indien et dans le Pacifique, les sept marins ont fait preuve de ténacité et d’engagement pour faire face à des conditions météo compliquées et pour tenir le rythme du record. Ils ont dû composer avec de la mer formée, du vent fort, la menace des icebergs et des glaces ainsi que le froid particulièrement tenace.

Thomas Coville : « Le cap Horn, j’ai l’habitude de l’appeler le cap de « bonne délivrance ». C’est l’inverse du cap de Bonne Espérance qui nous fait rentrer dans l’hémisphère Sud où on est livrés à nous-mêmes. Ces derniers jours, on a eu de la mer formée, du vent fort, des icebergs et beaucoup de glaces donc ça renforce encore plus notre joie de le franchir ! »

Benjamin Schwartz : « Le cap Horn, c’est tout un symbole car c’est la sortie du tunnel des mers du Sud et le retour dans des conditions plus clémentes. Personnellement, c’est la première fois que je vais aussi loin dans un tour du monde sans escale ! »

Nicolas Troussel : « Les passages des caps sont toujours des moments très agréables à vivre ensemble. Ce sont les rares où nous sommes tous ensemble sur le pont. À chaque quart, on essaie de faire notre boulot du mieux possible en s’assurant que le bateau est à 100 % de son potentiel. Et c’est génial de voir qu’on est déjà au cap Horn ! »

Frédéric Denis : « Passer les trois caps mythiques dont le cap Horn, c’est un rêve de gosse, un moment très fort dans la vie d’un marin. Ça marque aussi la fin du grand Sud qui n’a pas été tendre avec nous avec des conditions musclées et pas mal de mer. Je ne sais pas si je me rends compte vraiment qu’on vient de passer le Horn. Il va peut-être falloir un peu de temps ! »  

Guillaume Pirouelle : « À chaque fois qu’on passe un cap, c’est une nouvelle étape, cela montre qu’on avance, qu’on se rapproche de l’arrivée. Il n’y a pas si longtemps, jamais je n’aurais imaginé franchir le cap Horn. C’est une super expérience, on est super content de le vivre : hormis Thomas (Coville), nous sommes six à le passer pour la première fois ! C’est un beau moment à vivre, surtout après notre abandon sur la tentative l’an dernier. C’est génial de signer un nouveau temps de référence mais notre objectif, c’est le record à Ouessant. »

Léonard Legrand : « Dépasser le cap Horn, c’est à la fois très symbolique et très satisfaisant. On quitte le Pacifique, le froid et on revient dans l’Atlantique, un environnement qu’on connaît mieux, qui a quelque chose de rassurant. Mais le cap Horn, c’est vraiment incroyable. Il y a peu de marins qui l’ont réalisé et encore moins en étant en tête sur le record du Trophée Jules Verne. Maintenant, on a le droit de se faire un tatouage ou de se faire poser une boucle d’oreille mais ce n’est pas trop la préoccupation du moment ! (rires) »  

Sodebo Ultim 3, toujours en avance sur le record

Grâce à l’abnégation et l’engagement de l’ensemble de l’équipage, Sodebo Ultim 3 reste dans les temps du record. Au passage du cap Horn, ils disposaient en effet de 10 heures et 59 minutes d’avance sur le temps de passage d’IDEC Sport en 2017. Mais à bord, tous savent que rien n’est encore joué. Les conditions climatiques et la présence des glaces dans les mers du sud les ont obligés parfois à s’éloigner de la route directe et donc à allonger leur progression. En effet, depuis le départ de Ouessant ils ont parcouru 19 781 milles (et 1449 milles en plus par rapport à Idec Sport).  Néanmoins, malgré la difficulté, Sodebo Ultim 3 s’offre le record du Pacifique en 7 jours et 12 heures et 12 min*, dépassant un record détenu depuis 2017 par François Gabart (7 jours, 15 heures). Cela s’ajoute au record à l’équateur et aux temps de référence réalisés depuis Ouessant et le cap de Bonne Espérance puis le tronçon jusqu’au cap Leeuwin. Si ces chronos saluent leur constance et leur assiduité, les 7 marins n’ont qu’un record en tête : faire mieux que les 40 jours et 23 heures du Trophée Jules Verne.

Benjamin Schwartz « On sait dans quoi on se lance quand on part sur un tour du monde mais nous avions l’espoir d’avoir un meilleur enchaînement en termes de météo. On a toujours été 300 à 400 milles derrière là où nous aurions voulu être dans le Pacifique. Finalement, nous sommes dans les temps que nous avions prévu au Horn. On sait qu’il y a de nouveaux choix importants à faire sur la remontée de l’Atlantique Sud. Ce sera à l’arraché jusqu’au bout et on espère que ce sera en notre faveur. On est toujours devant IDEC Sport et c’est ce qui compte.»

Pierre Leboucher : « Globalement, on a réussi à bien se débrouiller malgré les conditions qu’on a eu. Il a fallu se battre, ça n’a pas toujours été facile de manier le bateau. Ce n’est pas toujours évident de trouver le bon dosage pour ne pas casser et aller vite en permanence. Le vent fort et la mer formée ne nous ont pas permis de faire une trajectoire plus tendue. D’ailleurs, par rapport à IDEC Sport, nous avons déjà parcouru des centaines de milles en plus.»

Nicolas Troussel : « Pour l’instant, c’est un super chrono. Nous sommes à fond depuis le début et on réussit à trouver les meilleures trajectoires possibles. Il y a forcément de la satisfaction à rester devant IDEC Sport. Nous sommes fiers et contents de ce qu’on a réalisé jusque-là. Mais on sait que ce qui compte ce n’est pas le temps au cap Horn mais celui à l’arrivée à Ouessant ».

Léonard Legrand : « On a fait beaucoup de route mais on l’a fait rapidement. C’est ce qui nous permet de rester plus rapide que l’équipage de Francis Joyon. C’est à la fois satisfaisant d’être devant mais il y a aussi une pointe de frustration : si on avait eu de meilleures conditions, on aurait pu aller encore plus vite. Ce qui est satisfaisant, c’est de voir que l’équipe et le bateau sont toujours à 100 %. Ça nous permet de nous projeter sur la suite sereinement ! »

L’Atlantique Sud, un nouveau défi

Les « Sodeboys » savent qu’il ne faudra pas relâcher la pression. La remontée de l’Atlantique est souvent périlleuse et les conditions du moment le confirment. En effet, plusieurs dépressions sont actuellement en formation au large des côtes argentines et uruguayennes. L’équipage pourrait privilégier une route Est au portant mais il conviendra de garder son sang-froid et de s’adapter en permanence. La semaine à venir s’annonce donc cruciale. La cellule routage de Sodebo Ultim 3 le certifie : il s’agit de la partie la plus compliquée de cette tentative de record autour du monde.

Thomas Coville : « Dans une compétition, le plus difficile a très souvent lieu à la fin. Bien entendu, on va avoir moins froid et il y aura moins d’icebergs. Mais nous pouvons encore avoir des dépressions, des conditions difficiles… À nous de réussir à bien finaliser ce qu’on est en train de construire. Le plus dur n’est pas derrière nous mais devant nous ! »

Benjamin Schwartz : « On se rapproche un peu plus de l’arrivée et le prochain point de passage ce sera l’équateur et surtout la ligne d’arrivée. Il y a un peu d’impatience de découvrir l’issue de cette tentative. On a toutes les cartes en mains pour battre ce record, et tous les messages que l’on reçoit via le site de la carto nous boostent ! »

Frédéric Denis : « On sait que la situation à venir n’est pas simple et qu’il va falloir qu’on reste particulièrement concentrés. Mais on ne va rien lâcher, malgré la fatigue. C’est chouette de voir une équipe aussi dédiée à la bonne marche du bateau. On ne ménage pas nos efforts. Et puis c’est sympa de voir qu’on commence à pointer l’étrave vers la ligne d’arrivée ! »

*sous réserve de la validation du WSSRC

Passage de l’équateur et record absolu pour Sodebo Ultim 3 !

Au premier point de passage du Trophée Jules Verne, l’équipage de Sodebo Ultim 3 frappe fort. En franchissant l’équateur ce samedi 20 décembre à 01h 03min 30sec (heure FR), Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel s’offrent le record absolu du tronçon Ouessant-Equateur* en 4 jours 4 heures 2 minutes 25sec. Ils abaissent le précédent temps de référence qui date de 2019 (Spindrift 2) de 15 heures 54 minutes. Cette entrée en matière de haute volée permet à Sodebo Ultim 3 d’être plus rapide de 1 jour 14 heures 56 minutes 35 sec sur l’actuel détenteur du Trophée Jules Verne (IDEC Sport). Alors qu’ils entament la descente de l’Atlantique Sud, retour sur une tentative qui a commencé sur les chapeaux de roues.

Descente express entre Ouessant et l’équateur 
L’aventure a débuté tambour battant, dès lundi 15 décembre à 21h01min (heure FR) au large de Ouessant pour Thomas Coville et ses six équipiers. L’équipage de Sodebo Ultim 3 a en effet bénéficié d’une fenêtre météo « exceptionnelle » d’après Benjamin Schwartz. « Cette fenêtre nous a permis de naviguer extrêmement proche de l’orthodromie (la route directe), tout au long de l’Atlantique Nord. Nous sommes partis dans un flux de portant bien construit derrière un front avant de suivre une trajectoire très rectiligne.»

Début de tentative dans des conditions musclées
Afin d’y parvenir, il a fallu s’accrocher et prendre très rapidement le bon rythme. « Le début de course a été soudain et plutôt brutal, raconte Léonard Legrand. On a dû s’amariner avec 30 à 35 nœuds de vent et des creux à 5,30 mètres au large du Portugal ». Les sept équipiers n’ont pas ménagé leurs efforts d’entrée de jeu et ont rapidement trouvé le bon tempo.

4 jours 4 heures 2 minutes 25sec à toute allure 
Sodebo Ultim 3 a passé le cap Finisterre (mardi), les Canaries (mercredi) et résisté aux dévents prononcés au passage du Cap-Vert (jeudi). Ce vendredi, le trimaran géant traversait déjà le Pot-au-noir, cette zone de convergence intertropicale toujours délicate à négocier. « Il y a eu un gros travail avec la cellule routage à terre (composée de Philippe Legros, Simon Fisher, Chris Bedford), précisait Benjamin Schwartz hier après-midi. Notre point d’entrée était assez Est, ce qui nous a permis d’être le plus efficace possible.»

Un record et une avance qui motivent
Après une traversée rapide du Pot-au-noir, les marins savourent ce premier passage symbolique. Ils ont en effet dépassé l’équateur tôt ce samedi à 01h 03min 30sec. En le franchissant après 4 jours 4 heures 2min 25s de mer, l’équipage s’offre le record absolu sur le tronçon Ouessant-équateur. Il améliore le précédent record, détenu par Spindrift2, avec à son bord un certain Benjamin Schwartz (4 jours 19 heures, 57 minutes en 2019), 15 heures 54 minutes 35 sec.

Si les « Sodeboys » sont fiers de ce temps intermédiaire, tous savent que l’objectif reste le record du Trophée Jules Verne. « Le temps à l’équateur est assez dingue mais ce n’est pas une finalité en soi », rappelle Benjamin Schwartz. Sodebo Ultim 3 est en avance de 1 jour 14 heures et 56 minutes sur le détenteur du record, IDEC Sport, qui était passé en 5 jours, 18 heures et 59 minutes. Thomas Coville et ses équipiers ont donc réussi à se constituer un petit matelas d’avance qui sera important pour la suite. « On a la trace d’IDEC Sport affichée sur notre cartographie à bord, sourit Guillaume Pirouelle. S’ils avaient été très rapides dans l’océan Indien, leur descente de l’Atlantique l’était moins. À ce stade, ça ne veut pas dire grand-chose mais on prend tout ce qui est à prendre ! »

Le cap de Bonne-Espérance en ligne de mire 
Désormais, l’équipage de Sodebo Ultim 3 se focalise sur la descente de l’Atlantique Sud. Benjamin décrypte la suite : « l’anticyclone de Sainte-Hélène est bien installé dans une position plutôt Ouest qui va nous obliger à longer les côtes brésiliennes jusqu’à la latitude de Rio avant de mettre le clignotant à gauche. On devrait conserver un peu d’avance sur le record dans l’Atlantique Sud ». Ils sont attendus au cap de Bonne-Espérance d’ici la fin de la semaine prochaine.

La réaction de Thomas Coville, Skipper de Sodebo Ultim 3 juste après le passage :
« C’est un joli début de parcours ! Quand tu oses et que tu tentes une fenêtre c’est la seule partie du parcours que tu peux choisir. Ensuite il faut essayer de construire selon ce qui est prévu en théorie. 4 jours 4 heures, on a réussi notre pari !  Cela fait très plaisir car il y a toute une équipe derrière pour le choix de la fenêtre et aussi pour la réalisation avec nous sept à bord de Sodebo Ultim 3. Forcément ce soir, nous sommes très contents d’avoir réalisé une belle trace. Ça ressemble à une belle trace dans la poudreuse mais en moins facile ! On a bien dévalé en négociant tous les obstacles et les passages des îles grâce à Benjamin et l’équipe de routage. Place à la suite ! »

Sodebo Ultim 3 signe un nouveau temps de référence au cap de Bonne Espérance !

10 jours 23 heures et 55 minutes 52 secondes ! C’est le meilleur chrono jamais réalisé entre Ouessant et le cap de Bonne Espérance ! Ce vendredi à 20h 56min (heure française), l’équipage de Sodebo Ultim 3 a franchi le cap de Bonne Espérance, premier des trois caps dans sa tentative du Trophée Jules Verne, le record du tour du monde à la voile. Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel signent ainsi le nouveau temps de référence absolu entre Ouessant et Bonne-Espérance Ils battent ainsi la précédente marque, détenue par le Maxi Edmond de Rothschild (en 2021) de 9 heures et 56 min. Surtout, les sept marins continuent d’être plus rapides que le détenteur du Trophée Jules Verne (IDEC Sport) avec 1 jour 19 heures, 31 min d’avance. Désormais, ils progressent vers le Cap des Aiguilles qui marque l’entrée dans l’océan Indien.

L’Atlantique Sud, la longue route
Sodebo Ultim 3 avait réussi un départ canon, matérialisé par un nouveau record entre Ouessant et l’équateur (4 jours, 4 heures, 2 minutes, 25 sec). « On a pu avoir une trace exceptionnelle malgré les embûches dès les premiers jours », rappelle Thomas Coville. La route en Atlantique Sud s’est avérée plus délicate, la faute à l’anticyclone de Sainte-Hélène qui obligeait l’équipage à faire une route très Ouest pour le contourner. « C’était vraiment un très grand détour jusqu’au Brésil avant de pouvoir mettre le clignotant à gauche, poursuit le skipper de Sodebo Ultim 3. Même si ça fait beaucoup de chemin, on a conservé un rythme conséquent avec 35 à 40 nœuds de moyenne ».
« Ça nous a contraint à faire pas mal de route mais aussi à enchaîner les manœuvres et les changements de voile», abonde Pierre Leboucher. Depuis lundi, Sodebo Ultim 3 progresse vers l’Est au portant et le tempo est resté inchangé malgré une « petite zone sans vent » avec laquelle il faut composer depuis ces dernières heures. « Ça devrait être le cas pendant deux ou trois jours mais on fait tout pour gagner le plus de terrain possible », précise Pierre.

Le premier cap et un nouveau temps de référence
« On peut être fiers de boucler ce premier tronçon dans ce timing », se réjouit Thomas Coville. Les « Sodeboys » ont frappé fort : en franchissant le cap de Bonne-Espérance à 20 h 56 min ce vendredi soir, ils signent un temps de référence en 10 jours, 23 heures, 55 min 52 sec. C’est 9 heures, 56 min de mieux que le précédent temps de référence, établi il y a cinq ans par le Maxi Edmond de Rothschild (11 jours 9 heures 53 min en 2021).
Mais l’objectif est inchangé : battre le record du Trophée Jules Verne. Sur ce sujet, Sodebo Ultim est en avance de 1 jour, 19 heures, 31 minutes sur le détenteur du record, IDEC Sport. « Nous sommes dans le bon tempo mais on sait qu’il faut rester humbles et concentrés en permanence », souligne Thomas. « C’est chouette de signer ce temps de référence, pour autant, nous avons bien conscience que ce n’est qu’une étape et qu’on ne doit pas se relâcher ».

Des fêtes de Noël forcément particulières
Bien entendu, hors de question de ralentir la cadence pendant les fêtes. S’il n’y a pas eu de repas particulier au menu, les skippers ont eu le plaisir de découvrir les petites attentions de l’équipe à terre du Team Sodebo. « On avait des petites décorations dans nos sacs de nourriture, raconte Pierre. On en a mis un peu partout dans le bateau, c’était super sympa ! » Ils ont également pu échanger avec leurs proches restés à terre, des messages qui renforcent la motivation pour continuer à tout donner !

Le cap des Aiguilles et l’océan Indien en approche
Il sera bientôt l’heure d’aborder les fameuses mers du Sud, si éreintantes pour les organismes et les bateaux. Mais avant, ils devront traverser le cap des Aiguilles où les courants sont particulièrement forts, et qui marque l’entrée dans l’océan Indien. Pour l’instant, c’est une zone sans vent qui accapare toujours les 7 marins « On bute dessus malgré un front qui nous pousse derrière, décrypte Guillaume Pirouelle. On fait un peu le yo-yo mais on prend notre mal en patience ». Ils restent particulièrement attentifs dans ces zones où des icebergs peuvent dériver. « Il peut y en avoir beaucoup par ici, ce qui nous oblige à être très attentifs en permanence », explique Thomas. La cellule routage travaille en lien avec CLS (Collecte Localisation Satellite) pour récupérer étudier la présence de glace et ne prendre aucun risque.

Gros changement de température
À bord de Sodebo Ultim 3 aussi, on a ressorti les bonnets et les vêtements chauds. « C’est vrai qu’on est tous bien couverts, surtout quand on fait les changements de voile », reconnaît Pierre Leboucher. « Aller dehors, c’est toute une expédition, ajoute Thomas Coville. Nous avons aussi adapté nos repas avec plus d’apports en calories ». Un travail conséquent avait été réalisé en amont avec le labo R&D de Sodebo qui a préparé des plats lyophilisés adaptés à chacun qui répondent justement à leurs besoins nutritifs (autour de 4000kcal dans les zones froides). Quoi qu’il en soit, même si le mercure a chuté, l’ambiance est au beau fixe entre les marins. « C’est grisant de constater que les conditions changent, apprécie Pierre. On se rapproche d’endroits encore plus hostiles et on est prêt pour s’y confronter ! »

Réaction de Thomas Coville au passage du cap : « C’est un super moment d’équipe. Cela nous fait passer un petit peu le fait que nous n’avons pas eu bcp de vent, et que ça n’allait pas très vite aujourd’hui. On s’est bagarré toute la journée pour ça ! Et là, nous vivons ce cap de Bonne Espérance tous les 7 ensemble, tout le monde s’est réveillé pour le passage. On est très content du temps et c’est vrai que symboliquement, faire sous les 11 jours, c’est un super temps ! C’est un temps qu’on avait envisagé avec l’équipe de routage. Maintenant c’est un tiers du parcours, on va s’appliquer à continuer ! « 

Suivre Sodebo 3 sur la cartographie : https://sodebo-ultim3.sodebo.com/

Sodebo Ultim 3 à l’assaut du Trophée Jules Verne !

Sodebo Ultim 3 a franchi ce lundi 15 décembre, à 21h 01min 05s (heure française), la ligne de départ du Trophée Jules Verne, située entre le phare de Créac’h (Ouessant) et le Cap Lizard (sud-ouest de l’Angleterre). Pour battre le record, l’équipage doit recouper la ligne avant le 25 janvier 2026 à 20h 31min 35s (heure française). 

C’est un stand-by qui n’aura pas duré longtemps. Le Team Sodebo observait depuis plusieurs jours ce qui semblait être une bonne fenêtre de départ pour le Trophée Jules Verne. Celle-ci s’est confirmée et Thomas Coville, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle, Benjamin Schwartz et Nicolas Troussel ont quitté le ponton de Lorient ce lundi matin. Après les derniers checks techniques, ils ont mis le cap vers la ligne de départ, située à la pointe de la Bretagne. Le trimaran géant s’est élancé de Ouessant ce lundi 15 décembre à 21h 01min. Le record à battre ? 40 jours 23 heures et 30 minutes, propriété depuis janvier 2017 d’Idec Sport (Francis Joyon).

Une décision rapide  
2ème de la Transat Café l’Or le 6 novembre, et moins d’un mois après le retour du trimaran à Lorient, le Team Sodebo, composé de plus de quarante personnes, a relevé un sacré défi pour mettre le trimaran géant en configuration Tour du Monde ! C’est chose faite, ce qui permet à l’équipage de Sodebo Ultim 3 de saisir la première et belle opportunité météo pour descendre l’Atlantique dans les temps du record.
Thomas Coville : “On avait annoncé qu’on voulait être en stand-by le 12 décembre et on part dès le 15. C’est quasiment le plan parfait. C’est une très belle fenêtre d’Atlantique Nord, comme on n’en a pas vu depuis très longtemps. Elle nous permet de faire une belle trace.Prendre la décision de partir sur un tour du monde, c’est vraiment la chose que je trouve le plus difficile à chaque tentative. Celle-là l’est particulièrement en étant dès le début du stand-by et avec assez peu de temps depuis la Transat Café L’or.. Une fois qu’on est parti, c’est notre travail, c’est notre passion, c’est ce qu’on sait faire. »

Une histoire à concrétiser
Un an après leur dernière tentative, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est de nouveau à l’assaut du Trophée Jules Verne. Thomas Coville : « Nous sommes les mêmes sept que l’an dernier. Humainement c’est important de repartir avec un équipage qui connaît bien le bateau, aguerri, qui se connaît bien et qui se connaît même mieux que l’année dernière. Nous avons fait la Route du Café avec Benjamin, cette deuxième place nous a apporté énormément.  Aujourd’hui, on va vivre quelque chose à 7 qui va être incroyable. Je le sais et je le sens. Recommencer : c’était une volonté qu’on a tous eu l’an dernier, quand on s’était arrêté sous l’Australie. On a mis tout en œuvre pour repartir ensemble. » 

Des conditions météo très favorables
Thomas Coville : “Ça promet des temps canons, en dessous de 5 jours à l’équateur, quasiment pour toutes les routes. Je reste plus prudent sur la suite parce que les enchaînements avec l’Atlantique Sud peuvent vite évoluer mais pour le moment on est entre 10 et 12 jours à Bonne Espérance. Ne pas tenter cette fenêtre, ce serait passer à côté d’une excellente fenêtre. On a envie d’oser! »

Benjamin Schwartz : « Là il y a vraiment une super belle fenêtre. Il y a beaucoup d’envie dans tout l’équipage donc c’est l’essentiel. On est assez serein là-dessus. Les 48 premières heures seront assez engagées jusqu’au sud du Portugal avec du vent mais surtout beaucoup de mer. Néanmoins ce sont des conditions qui nous emmènent rapidement dans l’Atlantique Sud avec de superbes projections. Aujourd’hui ce sont de très bons temps à l’équateur et à Bonne Espérance. On est opportuniste, il faut être opportuniste pour ce genre de record et on connaît tous le bateau. On va se mettre dans le bain très rapidement ! »

Les temps de référence à retenir : 
Record du Trophée Jules Verne (IDEC SPORT) : 40J 23h 30min :
Equateur: 5j 18h 59min
Bonne Espérance: 12j 19h 28min
Cap Leeuwin : 17j 6h 59 min
Cap Horn : 26j 6h 45 min
Temps de référence Equateur (SPINDRIFT) : 4j 20h 7min
Temps de référence Bonne Espérance (MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD) : 11j 9h 53min
Equipage de Sodebo Ultim 3 pour la tentative de Trophée Jules Verne : 
Thomas Coville (57 ans) – Frédéric Denis (41 ans) – Pierre Leboucher (45 ans) – Léonard Legrand (31 ans) – Guillaume Pirouelle (31 ans) – Benjamin Schwartz (38 ans) – Nicolas Troussel (51 ans)