Après un mois sur sa tentative de Trophée Jules Verne, Sodebo Ultim 3 garde une longueur d’avance

Depuis un mois jour pour jour, l’équipage de Sodebo Ultim 3 s’applique dans la tentative du Trophée Jules Verne. Partis le 15 décembre dernier, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel se sont offerts les temps de référence aux trois caps (Bonne Espérance, Leeuwin, Horn) mais aussi de nouveaux records. Ils remontent actuellement l’Atlantique Sud et sont attendus à l’équateur lundi prochain dans la matinée. Afin de battre le record du tour du monde, détenu depuis 2017 par IDEC Sport (40 jours et 23 heures et 30min), les « Sodeboys» doivent atteindre Ouessant avant le dimanche 25 janvier à 20h31.  Et ils comptent bien ne rien lâcher ! 

Il s’agit d’une nouvelle étape symbolique. Mercredi, Sodebo Ultim 3 a coupé la trajectoire établie quelques semaines plus tôt lors de la descente de l’Atlantique. « Ça signifie que nous avons pu faire le tour de l’Antarctique en 28 jours, ce qui donne une idée de notre vitesse depuis notre départ », sourit Thomas Coville. Même si les conditions météo les ont obligés à faire une route 10% plus longue qu’IDEC Sport en 2017 (soit 1570 milles/2900km ce jour), l’équipage reste en avance sur le détenteur du Trophée Jules Verne. Depuis le départ, Sodebo Ultim 3 tient le rythme à 30 noeuds de vitesse moyenne (56 km/h). Pourtant, le skipper ne souhaite pas s’y appesantir et rappelle que « chaque échéance à venir va être importante ».

« À nous de bien garder la tête froide »
Après avoir dépassé le cap Horn dimanche 11 janvier, l’équipage s’emploie actuellement à contourner l’anticyclone de Sainte-Hélène, « un premier obstacle aux allures de juge de paix » selon Thomas. « L’anticyclone n’est pas formé de façon classique, il y a dans sa partie ouest une zone sans vent que le bateau contourne actuellement, explique Philippe Legros, responsable de la cellule routage. Il devrait ensuite trouver un léger flux d’alizé demain avant de rencontrer une nouvelle zone de vents faibles et incertains demain soir ». Une fois sorti des griffes de l’anticyclone, l’équipage pourra se projeter sur le passage de l’équateur, vraisemblablement lundi dans la matinée, avant d’entamer la dernière ligne droite et la traversée de l’Atlantique nord jusqu’à l’arrivée.
« À nous de bien garder la tête froide et de rester concentrés sur le vent, la stratégie et la trajectoire », assure Thomas. Malgré l’intensité de l’exercice, les 7 marins ne vont rien lâcher ! « Nous savons qu’il s’agit des dix jours les plus tendus nerveusement mais le bateau est à 100 % et l’équipage aussi. C’est notre plus bel argument et notre plus belle fierté pour réussir la fin de notre tentative ! »

The Famous Project CIC à l’équateur

Les 8 navigatrices de The famous Project CIC naviguent depuis hier soir 20 heures 53 minutes la tête à l’endroit. Elles ont en effet franchi l’équateur en leur 48ème jour de mer, et naviguent à présent dans l’hémisphère nord. Devant leurs étraves, les dernier 3 000 milles de leur incroyable périple, soit une pleine semaine de navigation tortueuse à souhait, entre négociation de l’anticyclone des Açores et les dépressions d’Atlantique Nord. « On est super contentes, de notre temps depuis le Horn, et parce que cet hémisphère nord signifie le retour vers la maison » déclarait Alexia Barrier.

Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) ont lancé leur dernier sprint, qui pourrait leur permettre de voir Ouessant puis Brest jeudi 22 janvier prochain. Les filles peuvent d’ici là légitimement se féliciter d’une navigation rapide et efficace en Atlantique Sud. Passées sous le cap Horn en milieu d’après- midi le 6 janvier dernier, elles n’auront mis que 9 jours, 5 heures et 38 minutes pour rallier l’équateur, soit l’une des toutes meilleures performances de tous les temps sur ce trajet.

Ainsi qu’on a pu le constater depuis leur départ de Brest, ces 8 navigatrices du très international équipage aux commandes d’IDEC SPORT, n’ont cessé de progresser dans la maitrise du maxi multicoque. Elles ont su s’adapter aux inéluctables avaries qui, du capricieux hook de grand voile à leur foil tribord délaminé, sont venues altérer leur progression. Positionnée très à l’ouest, au plus près des rivages du Brésil, leur trajectoire devrait leur permettre de traverser en un minimum de temps ce pot au Noir si malfaisant à l’aller. Débutera alors un long bord de reaching, travers au vent d’est nord est généré par un anticyclone des Açores qui pour l’heure, porte bien son nom. De son décalage vers le sud dépend la fluidité et l’efficacité de leur route vers le golfe de Gascogne, la France, Ouessant et le port de Brest.

 

 

Sodebo Ultim 3 franchit le cap Horn en avance sur le détenteur du Trophée Jules Verne et s’offre le record du Pacifique

Avant le coucher du soleil, Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel ont franchi le dernier des trois caps majeurs de leur tour du monde ce dimanche à 01h 47min (heure française). Ils en profitent pour signer une nouvelle performance : le record de la traversée du Pacifique* en 7 jours, 12 heures et 12 minutes. Surtout, depuis leur départ il y a 26 jours, 4 heures et 46 minutes, Sodebo Ultim 3 reste plus rapide qu’IDEC Sport qui détient le Trophée Jules Verne depuis 2017. Au passage du mythique rocher, les « Sodeboys » disposent en effet de 10 heures et 59 minutes d’avance sur l’équipage de Francis Joyon. Pourtant, ils abordent la suite avec concentration et humilité, tant les conditions attendues dans l’Atlantique Sud s’annoncent piégeuses.

Le cap Horn, le franchissement d’un mythe

Ils se sont tous retrouvés sur le filet du trimaran pour vivre ce moment incroyable dans une vie de marin. À 01 h 47min ce dimanche (heure française) mais de jour pour eux, les sept membres de l’équipage de Sodebo Ultim 3 ont en effet passé le cap Horn, à la pointe de l’Amérique du Sud. Thomas Coville est un habitué de ce cap mythique puisqu’il le franchit pour la 12e fois de sa carrière. En revanche, c’est une grande première pour ses six équipiers qui deviennent cap-horniers à leur tour. L’émotion est forcément palpable, d’autant que cela marque la fin des mers du Sud particulièrement exigeantes. Que ce soit dans l’Indien et dans le Pacifique, les sept marins ont fait preuve de ténacité et d’engagement pour faire face à des conditions météo compliquées et pour tenir le rythme du record. Ils ont dû composer avec de la mer formée, du vent fort, la menace des icebergs et des glaces ainsi que le froid particulièrement tenace.

Thomas Coville : « Le cap Horn, j’ai l’habitude de l’appeler le cap de « bonne délivrance ». C’est l’inverse du cap de Bonne Espérance qui nous fait rentrer dans l’hémisphère Sud où on est livrés à nous-mêmes. Ces derniers jours, on a eu de la mer formée, du vent fort, des icebergs et beaucoup de glaces donc ça renforce encore plus notre joie de le franchir ! »

Benjamin Schwartz : « Le cap Horn, c’est tout un symbole car c’est la sortie du tunnel des mers du Sud et le retour dans des conditions plus clémentes. Personnellement, c’est la première fois que je vais aussi loin dans un tour du monde sans escale ! »

Nicolas Troussel : « Les passages des caps sont toujours des moments très agréables à vivre ensemble. Ce sont les rares où nous sommes tous ensemble sur le pont. À chaque quart, on essaie de faire notre boulot du mieux possible en s’assurant que le bateau est à 100 % de son potentiel. Et c’est génial de voir qu’on est déjà au cap Horn ! »

Frédéric Denis : « Passer les trois caps mythiques dont le cap Horn, c’est un rêve de gosse, un moment très fort dans la vie d’un marin. Ça marque aussi la fin du grand Sud qui n’a pas été tendre avec nous avec des conditions musclées et pas mal de mer. Je ne sais pas si je me rends compte vraiment qu’on vient de passer le Horn. Il va peut-être falloir un peu de temps ! »  

Guillaume Pirouelle : « À chaque fois qu’on passe un cap, c’est une nouvelle étape, cela montre qu’on avance, qu’on se rapproche de l’arrivée. Il n’y a pas si longtemps, jamais je n’aurais imaginé franchir le cap Horn. C’est une super expérience, on est super content de le vivre : hormis Thomas (Coville), nous sommes six à le passer pour la première fois ! C’est un beau moment à vivre, surtout après notre abandon sur la tentative l’an dernier. C’est génial de signer un nouveau temps de référence mais notre objectif, c’est le record à Ouessant. »

Léonard Legrand : « Dépasser le cap Horn, c’est à la fois très symbolique et très satisfaisant. On quitte le Pacifique, le froid et on revient dans l’Atlantique, un environnement qu’on connaît mieux, qui a quelque chose de rassurant. Mais le cap Horn, c’est vraiment incroyable. Il y a peu de marins qui l’ont réalisé et encore moins en étant en tête sur le record du Trophée Jules Verne. Maintenant, on a le droit de se faire un tatouage ou de se faire poser une boucle d’oreille mais ce n’est pas trop la préoccupation du moment ! (rires) »  

Sodebo Ultim 3, toujours en avance sur le record

Grâce à l’abnégation et l’engagement de l’ensemble de l’équipage, Sodebo Ultim 3 reste dans les temps du record. Au passage du cap Horn, ils disposaient en effet de 10 heures et 59 minutes d’avance sur le temps de passage d’IDEC Sport en 2017. Mais à bord, tous savent que rien n’est encore joué. Les conditions climatiques et la présence des glaces dans les mers du sud les ont obligés parfois à s’éloigner de la route directe et donc à allonger leur progression. En effet, depuis le départ de Ouessant ils ont parcouru 19 781 milles (et 1449 milles en plus par rapport à Idec Sport).  Néanmoins, malgré la difficulté, Sodebo Ultim 3 s’offre le record du Pacifique en 7 jours et 12 heures et 12 min*, dépassant un record détenu depuis 2017 par François Gabart (7 jours, 15 heures). Cela s’ajoute au record à l’équateur et aux temps de référence réalisés depuis Ouessant et le cap de Bonne Espérance puis le tronçon jusqu’au cap Leeuwin. Si ces chronos saluent leur constance et leur assiduité, les 7 marins n’ont qu’un record en tête : faire mieux que les 40 jours et 23 heures du Trophée Jules Verne.

Benjamin Schwartz « On sait dans quoi on se lance quand on part sur un tour du monde mais nous avions l’espoir d’avoir un meilleur enchaînement en termes de météo. On a toujours été 300 à 400 milles derrière là où nous aurions voulu être dans le Pacifique. Finalement, nous sommes dans les temps que nous avions prévu au Horn. On sait qu’il y a de nouveaux choix importants à faire sur la remontée de l’Atlantique Sud. Ce sera à l’arraché jusqu’au bout et on espère que ce sera en notre faveur. On est toujours devant IDEC Sport et c’est ce qui compte.»

Pierre Leboucher : « Globalement, on a réussi à bien se débrouiller malgré les conditions qu’on a eu. Il a fallu se battre, ça n’a pas toujours été facile de manier le bateau. Ce n’est pas toujours évident de trouver le bon dosage pour ne pas casser et aller vite en permanence. Le vent fort et la mer formée ne nous ont pas permis de faire une trajectoire plus tendue. D’ailleurs, par rapport à IDEC Sport, nous avons déjà parcouru des centaines de milles en plus.»

Nicolas Troussel : « Pour l’instant, c’est un super chrono. Nous sommes à fond depuis le début et on réussit à trouver les meilleures trajectoires possibles. Il y a forcément de la satisfaction à rester devant IDEC Sport. Nous sommes fiers et contents de ce qu’on a réalisé jusque-là. Mais on sait que ce qui compte ce n’est pas le temps au cap Horn mais celui à l’arrivée à Ouessant ».

Léonard Legrand : « On a fait beaucoup de route mais on l’a fait rapidement. C’est ce qui nous permet de rester plus rapide que l’équipage de Francis Joyon. C’est à la fois satisfaisant d’être devant mais il y a aussi une pointe de frustration : si on avait eu de meilleures conditions, on aurait pu aller encore plus vite. Ce qui est satisfaisant, c’est de voir que l’équipe et le bateau sont toujours à 100 %. Ça nous permet de nous projeter sur la suite sereinement ! »

L’Atlantique Sud, un nouveau défi

Les « Sodeboys » savent qu’il ne faudra pas relâcher la pression. La remontée de l’Atlantique est souvent périlleuse et les conditions du moment le confirment. En effet, plusieurs dépressions sont actuellement en formation au large des côtes argentines et uruguayennes. L’équipage pourrait privilégier une route Est au portant mais il conviendra de garder son sang-froid et de s’adapter en permanence. La semaine à venir s’annonce donc cruciale. La cellule routage de Sodebo Ultim 3 le certifie : il s’agit de la partie la plus compliquée de cette tentative de record autour du monde.

Thomas Coville : « Dans une compétition, le plus difficile a très souvent lieu à la fin. Bien entendu, on va avoir moins froid et il y aura moins d’icebergs. Mais nous pouvons encore avoir des dépressions, des conditions difficiles… À nous de réussir à bien finaliser ce qu’on est en train de construire. Le plus dur n’est pas derrière nous mais devant nous ! »

Benjamin Schwartz : « On se rapproche un peu plus de l’arrivée et le prochain point de passage ce sera l’équateur et surtout la ligne d’arrivée. Il y a un peu d’impatience de découvrir l’issue de cette tentative. On a toutes les cartes en mains pour battre ce record, et tous les messages que l’on reçoit via le site de la carto nous boostent ! »

Frédéric Denis : « On sait que la situation à venir n’est pas simple et qu’il va falloir qu’on reste particulièrement concentrés. Mais on ne va rien lâcher, malgré la fatigue. C’est chouette de voir une équipe aussi dédiée à la bonne marche du bateau. On ne ménage pas nos efforts. Et puis c’est sympa de voir qu’on commence à pointer l’étrave vers la ligne d’arrivée ! »

*sous réserve de la validation du WSSRC

Bonne Espérance c’est fait pour The Famous Project CIC

Les 8 navigatrices de The Famous Project CIC en ont terminé aujourd’hui mardi à 17 heures (Françaises) avec l’immense océan Atlantique. Après 17 jours et 2 heures et 20 minutes d’une navigation riche en rebondissements depuis Ouessant, Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) ont franchi la longitude du fameux cap de Bonne Espérance, premier (avant les caps Lleuwin et Horn) des trois grands marqueurs de ce tour du monde.

Elles s’apprêtent à entrer dans le redoutable et redouté océan Indien, ses 70 560 000 km2 d’horizons liquides, (soit 13,83 % de la surface totale du globe terrestre), qui s’étend depuis le cap des Aiguilles (à quelques encablures dans l’est du Cap de Bonne espérance) jusqu’à la côte sud de la Tasmanie entre le South West Cape et le South East Cape. Une entrée scandée de nombreux « péages » dont l’équipage va devoir s’acquitter, à commencer par la négociation de ce courant des Aiguilles contraire à leur marche, et qui leur impose un long détour par le nord pour éviter l’infernale confrontation du vent avec la mer. Ce courant génère des tourbillons et des flux puissants jusqu’à près de 4 nœuds.

Alexia et ses équipières déploient, dans l’attente de conditions favorables pour réparer, des trésors d’énergie et d’imagination pour naviguer et progresser malgré ce handicap de hook de grand voile bloqué.

Alexia Barrier à Bonne Espérance :

« C’est un moment très fort pour nous, c’est notre premier cap sur ce tour du monde. C’est une frontière symbolique, une frontière où l’on quitte l’Atlantique et où l’on se prépare à entrer dans l’océan Indien.  On sait que derrière ce cap, tout change, la mer, le vent, l’engagement. On regarde ça avec beaucoup de respect et on a hâte. En ce moment, l’enjeu principal, c’est la météo et l’état de la mer. On doit gérer des vents forts, une houle de travers d’environ 4 mètres et surtout le courant des Aiguilles. C’est un courant puissant et quand le vent souffle face au courant, ça lève une mer vraiment casse-bateau.  En multicoque, c’est sans doute ce qu’il y a de plus exigeant, de plus stressant, être au vent de travers avec du vent et de la houle de travers.
Du coup, on travaille sur plusieurs options de route. L’idée principale, c’est d’éviter de naviguer avec le courant de face et sur une mer trop engagée, peut-être d’aller plus au nord du courant des Aiguilles. 
Il y a des affaires à suivre pour ce qui est de la météo. Ça, ça se fait évidemment avec l’équipe de routage.  On se parle régulièrement, on analyse, on compare, on essaie d’anticiper.
L’objectif, c’est d’entrer dans l’indien, dans la meilleure position.  Avec notre histoire de hook, on est limité.  On doit envisager quelle hauteur de grand voile. Savoir si on doit avoir un ris, une GV haute ou deux ris… on doit anticiper. Mais ça ne nous empêche pas d’avancer et à continuer cette navigation avec le sourire, évidemment.  Même si ces dernières heures, ça n’a pas été toujours facile d’avoir les idées claires sur les choix qu’on a faits.
Il faut poursuivre l’aventure.  Voilà, chacune a dû faire un peu de deuil de la vitesse et de nos ambitions de temps.  Mais ça y est, je pense qu’on a passé cette vague-là. »

Passage de l’équateur et record absolu pour Sodebo Ultim 3 !

Au premier point de passage du Trophée Jules Verne, l’équipage de Sodebo Ultim 3 frappe fort. En franchissant l’équateur ce samedi 20 décembre à 01h 03min 30sec (heure FR), Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel s’offrent le record absolu du tronçon Ouessant-Equateur* en 4 jours 4 heures 2 minutes 25sec. Ils abaissent le précédent temps de référence qui date de 2019 (Spindrift 2) de 15 heures 54 minutes. Cette entrée en matière de haute volée permet à Sodebo Ultim 3 d’être plus rapide de 1 jour 14 heures 56 minutes 35 sec sur l’actuel détenteur du Trophée Jules Verne (IDEC Sport). Alors qu’ils entament la descente de l’Atlantique Sud, retour sur une tentative qui a commencé sur les chapeaux de roues.

Descente express entre Ouessant et l’équateur 
L’aventure a débuté tambour battant, dès lundi 15 décembre à 21h01min (heure FR) au large de Ouessant pour Thomas Coville et ses six équipiers. L’équipage de Sodebo Ultim 3 a en effet bénéficié d’une fenêtre météo « exceptionnelle » d’après Benjamin Schwartz. « Cette fenêtre nous a permis de naviguer extrêmement proche de l’orthodromie (la route directe), tout au long de l’Atlantique Nord. Nous sommes partis dans un flux de portant bien construit derrière un front avant de suivre une trajectoire très rectiligne.»

Début de tentative dans des conditions musclées
Afin d’y parvenir, il a fallu s’accrocher et prendre très rapidement le bon rythme. « Le début de course a été soudain et plutôt brutal, raconte Léonard Legrand. On a dû s’amariner avec 30 à 35 nœuds de vent et des creux à 5,30 mètres au large du Portugal ». Les sept équipiers n’ont pas ménagé leurs efforts d’entrée de jeu et ont rapidement trouvé le bon tempo.

4 jours 4 heures 2 minutes 25sec à toute allure 
Sodebo Ultim 3 a passé le cap Finisterre (mardi), les Canaries (mercredi) et résisté aux dévents prononcés au passage du Cap-Vert (jeudi). Ce vendredi, le trimaran géant traversait déjà le Pot-au-noir, cette zone de convergence intertropicale toujours délicate à négocier. « Il y a eu un gros travail avec la cellule routage à terre (composée de Philippe Legros, Simon Fisher, Chris Bedford), précisait Benjamin Schwartz hier après-midi. Notre point d’entrée était assez Est, ce qui nous a permis d’être le plus efficace possible.»

Un record et une avance qui motivent
Après une traversée rapide du Pot-au-noir, les marins savourent ce premier passage symbolique. Ils ont en effet dépassé l’équateur tôt ce samedi à 01h 03min 30sec. En le franchissant après 4 jours 4 heures 2min 25s de mer, l’équipage s’offre le record absolu sur le tronçon Ouessant-équateur. Il améliore le précédent record, détenu par Spindrift2, avec à son bord un certain Benjamin Schwartz (4 jours 19 heures, 57 minutes en 2019), 15 heures 54 minutes 35 sec.

Si les « Sodeboys » sont fiers de ce temps intermédiaire, tous savent que l’objectif reste le record du Trophée Jules Verne. « Le temps à l’équateur est assez dingue mais ce n’est pas une finalité en soi », rappelle Benjamin Schwartz. Sodebo Ultim 3 est en avance de 1 jour 14 heures et 56 minutes sur le détenteur du record, IDEC Sport, qui était passé en 5 jours, 18 heures et 59 minutes. Thomas Coville et ses équipiers ont donc réussi à se constituer un petit matelas d’avance qui sera important pour la suite. « On a la trace d’IDEC Sport affichée sur notre cartographie à bord, sourit Guillaume Pirouelle. S’ils avaient été très rapides dans l’océan Indien, leur descente de l’Atlantique l’était moins. À ce stade, ça ne veut pas dire grand-chose mais on prend tout ce qui est à prendre ! »

Le cap de Bonne-Espérance en ligne de mire 
Désormais, l’équipage de Sodebo Ultim 3 se focalise sur la descente de l’Atlantique Sud. Benjamin décrypte la suite : « l’anticyclone de Sainte-Hélène est bien installé dans une position plutôt Ouest qui va nous obliger à longer les côtes brésiliennes jusqu’à la latitude de Rio avant de mettre le clignotant à gauche. On devrait conserver un peu d’avance sur le record dans l’Atlantique Sud ». Ils sont attendus au cap de Bonne-Espérance d’ici la fin de la semaine prochaine.

La réaction de Thomas Coville, Skipper de Sodebo Ultim 3 juste après le passage :
« C’est un joli début de parcours ! Quand tu oses et que tu tentes une fenêtre c’est la seule partie du parcours que tu peux choisir. Ensuite il faut essayer de construire selon ce qui est prévu en théorie. 4 jours 4 heures, on a réussi notre pari !  Cela fait très plaisir car il y a toute une équipe derrière pour le choix de la fenêtre et aussi pour la réalisation avec nous sept à bord de Sodebo Ultim 3. Forcément ce soir, nous sommes très contents d’avoir réalisé une belle trace. Ça ressemble à une belle trace dans la poudreuse mais en moins facile ! On a bien dévalé en négociant tous les obstacles et les passages des îles grâce à Benjamin et l’équipe de routage. Place à la suite ! »

The Famous Project CIC au cap Leeuwin

C’est à l’heure, décalage horaire oblige, où les Australiens ouvrent leurs cadeaux de Noêl que les navigatrices du projet 100% féminin de The Famous Project CIC ont franchi à 13 heures 19  (heure française) la longitude du Cap Leeuwin à la pointe sud ouest du continent Australien. Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) cochent ainsi le deuxième des trois grands marqueurs de leur tour du monde, après Bonne Espérance le 16 décembre dernier, et avant le Horn, au terme de 25 jours de navigation depuis leur départ d’Ouessant.

Un franchissement hautement symbolique, surtout pour les néophytes du bord, reçu et apprécié comme un véritable cadeau au terme d’une belle et rapide semaine dans l’Océan Indien. Le Maxi trimaran IDEC SPORT a démontré toute l’étendue de ses étonnantes qualités marines, dans la mer formée et dans le puissant vent de nord ouest qui a permis à Alexia et ses « girls » de tutoyer les 700 milles parcourus par 24 heures, à plus de 27 noeuds de moyenne.
Une cavalcade brièvement interrompue ce matin par un énorme filet de pêche et ses flotteurs accrochés dans le foil tribord du grand multicoque. « On est passé de 30 noeuds à 5 noeuds! » décrit Alexia. « On a mis le bateau en marche arrière et on a pu retirer ce gros filet, mais le foil est demeuré bloqué un moment en position basse. Tout est à présent rentré dans l’ordre. »
Ainsi va la vie tumultueuse des aventurières du grand Sud, quand à l’euphorie succède l’inquiétude, et vice versa. Mais en cette veille de Noêl, il faudra plus qu’un filet de pêche pour troubler l’enthousiasme de l’équipage plus à l’aise que jamais dans la conduite de son multicoque géant dans les conditions si exigeantes du Grand Sud.Alexia Barrier :
« Leeuwin, c’est un cap qui impose le respect, même quand tout se passe bien. On sait qu’on est loin de tout, engagé, et qu’on ne joue plus avec les marges. Le franchir, c’est à la fois une fierté et un rappel : on est invités ici. Alors on reste humbles, concentrées, et reconnaissantes de pouvoir passer.

L’Indien reste l’Indien : exigeant, changeant, parfois rude. La grande différence avec mon Vendée Globe, c’est le support et l’équipage. En solitaire, tout est plus lourd mentalement, chaque décision repose sur toi. Ici, on partage l’analyse, la veille, l’effort. Ça permet d’aller plus vite, mais ça n’enlève rien à la complexité de l’océan.
Le bateau est sain, l’équipage de plus en plus précis, et on est dans une zone où chaque fenêtre peut compter. Mais on ne force pas les choses : le record est une conséquence possible, pas un objectif en soi.
Notre montée en confiance est progressive. 

L’équipage vit bien. Il y a de la fatigue, bien sûr, mais surtout une vraie solidité mentale. L’ambiance reste saine, engagée, avec beaucoup de soutien entre nous. On sent que le collectif est un vrai moteur, et ça fait toute la différence sur la durée.
Notre avarie de hook a constitué un incident sérieux, mais maîtrisé. On a identifié le problème, sécurisé la situation et adapté notre fonctionnement en conséquence. Le bateau continue d’avancer dans de bonnes conditions, et on reste très vigilantes sur la suite. En mer, la clé, ce n’est pas d’éviter tous les problèmes, c’est de savoir les gérer. »

Le cap Leeuwin selon Annemieke Bes (Pays-Bas) :
« Le cap Leeuwin est le point le plus au sud-ouest de l’Australie continentale. C’est un endroit magnifique, spectaculaire et chargé d’histoire, où les puissants océans Indien et Austral se rencontrent de manière spectaculaire. Il est marqué par le plus haut phare d’Australie continentale, un repère essentiel pour les navires et un site touristique populaire connu pour sa beauté sauvage et l’observation des baleines. Il tire son nom du navire néerlandais Leeuwin (Lionne) qui l’a aperçu en 1622 et il constitue un point de repère majeur. »

Stacey Jackson (Australie ) :
« Je suis vraiment fière de passer la ligne du cap Leeuwin, car cela me rapproche un peu plus de l’objectif final. Être si près de l’Australie sans s’arrêter est tout à fait acceptable pour la mission.
Ce 24e jour en mer semble désormais être une routine normale. Même si certains jours sont meilleurs que d’autres, je considère toujours comme un privilège de faire quelque chose d’aussi cool que le Jules Verne.
C’est ma première fois sur un grand trimaran en pleine mer et c’est tout ce que j’attendais, voire plus. Il est rapide et amusant et vous oblige à être toujours un peu plus concentré qu’un voilier monocoque.
J’ai hâte de naviguer dans le Pacifique, mais les prévisions météo ne sont pas aussi bonnes qu’elles devraient l’être en ce moment. Bizarrement, il n’y a pas beaucoup de vent, plutôt que trop. Mais nous irons jusqu’au cap Horn. L’Everest de la voile.

La 80e Sydney-Hockey Race commence le Boxing Day (26 décembre) sans moi cette année, ce qui est triste pour moi de manquer le départ. (Stacey a participé à 19 éditions de cette grand classique Australienne ndlr) Mais je considère que j’ai une excuse acceptable pour ne pas être sur la ligne de départ. Je suivrai toutefois de près mes coéquipiers sur le Palm Beach 100 et mes amis sur d’autres bateaux. »

Sodebo Ultim 3 signe un nouveau temps de référence au cap de Bonne Espérance !

10 jours 23 heures et 55 minutes 52 secondes ! C’est le meilleur chrono jamais réalisé entre Ouessant et le cap de Bonne Espérance ! Ce vendredi à 20h 56min (heure française), l’équipage de Sodebo Ultim 3 a franchi le cap de Bonne Espérance, premier des trois caps dans sa tentative du Trophée Jules Verne, le record du tour du monde à la voile. Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel signent ainsi le nouveau temps de référence absolu entre Ouessant et Bonne-Espérance Ils battent ainsi la précédente marque, détenue par le Maxi Edmond de Rothschild (en 2021) de 9 heures et 56 min. Surtout, les sept marins continuent d’être plus rapides que le détenteur du Trophée Jules Verne (IDEC Sport) avec 1 jour 19 heures, 31 min d’avance. Désormais, ils progressent vers le Cap des Aiguilles qui marque l’entrée dans l’océan Indien.

L’Atlantique Sud, la longue route
Sodebo Ultim 3 avait réussi un départ canon, matérialisé par un nouveau record entre Ouessant et l’équateur (4 jours, 4 heures, 2 minutes, 25 sec). « On a pu avoir une trace exceptionnelle malgré les embûches dès les premiers jours », rappelle Thomas Coville. La route en Atlantique Sud s’est avérée plus délicate, la faute à l’anticyclone de Sainte-Hélène qui obligeait l’équipage à faire une route très Ouest pour le contourner. « C’était vraiment un très grand détour jusqu’au Brésil avant de pouvoir mettre le clignotant à gauche, poursuit le skipper de Sodebo Ultim 3. Même si ça fait beaucoup de chemin, on a conservé un rythme conséquent avec 35 à 40 nœuds de moyenne ».
« Ça nous a contraint à faire pas mal de route mais aussi à enchaîner les manœuvres et les changements de voile», abonde Pierre Leboucher. Depuis lundi, Sodebo Ultim 3 progresse vers l’Est au portant et le tempo est resté inchangé malgré une « petite zone sans vent » avec laquelle il faut composer depuis ces dernières heures. « Ça devrait être le cas pendant deux ou trois jours mais on fait tout pour gagner le plus de terrain possible », précise Pierre.

Le premier cap et un nouveau temps de référence
« On peut être fiers de boucler ce premier tronçon dans ce timing », se réjouit Thomas Coville. Les « Sodeboys » ont frappé fort : en franchissant le cap de Bonne-Espérance à 20 h 56 min ce vendredi soir, ils signent un temps de référence en 10 jours, 23 heures, 55 min 52 sec. C’est 9 heures, 56 min de mieux que le précédent temps de référence, établi il y a cinq ans par le Maxi Edmond de Rothschild (11 jours 9 heures 53 min en 2021).
Mais l’objectif est inchangé : battre le record du Trophée Jules Verne. Sur ce sujet, Sodebo Ultim est en avance de 1 jour, 19 heures, 31 minutes sur le détenteur du record, IDEC Sport. « Nous sommes dans le bon tempo mais on sait qu’il faut rester humbles et concentrés en permanence », souligne Thomas. « C’est chouette de signer ce temps de référence, pour autant, nous avons bien conscience que ce n’est qu’une étape et qu’on ne doit pas se relâcher ».

Des fêtes de Noël forcément particulières
Bien entendu, hors de question de ralentir la cadence pendant les fêtes. S’il n’y a pas eu de repas particulier au menu, les skippers ont eu le plaisir de découvrir les petites attentions de l’équipe à terre du Team Sodebo. « On avait des petites décorations dans nos sacs de nourriture, raconte Pierre. On en a mis un peu partout dans le bateau, c’était super sympa ! » Ils ont également pu échanger avec leurs proches restés à terre, des messages qui renforcent la motivation pour continuer à tout donner !

Le cap des Aiguilles et l’océan Indien en approche
Il sera bientôt l’heure d’aborder les fameuses mers du Sud, si éreintantes pour les organismes et les bateaux. Mais avant, ils devront traverser le cap des Aiguilles où les courants sont particulièrement forts, et qui marque l’entrée dans l’océan Indien. Pour l’instant, c’est une zone sans vent qui accapare toujours les 7 marins « On bute dessus malgré un front qui nous pousse derrière, décrypte Guillaume Pirouelle. On fait un peu le yo-yo mais on prend notre mal en patience ». Ils restent particulièrement attentifs dans ces zones où des icebergs peuvent dériver. « Il peut y en avoir beaucoup par ici, ce qui nous oblige à être très attentifs en permanence », explique Thomas. La cellule routage travaille en lien avec CLS (Collecte Localisation Satellite) pour récupérer étudier la présence de glace et ne prendre aucun risque.

Gros changement de température
À bord de Sodebo Ultim 3 aussi, on a ressorti les bonnets et les vêtements chauds. « C’est vrai qu’on est tous bien couverts, surtout quand on fait les changements de voile », reconnaît Pierre Leboucher. « Aller dehors, c’est toute une expédition, ajoute Thomas Coville. Nous avons aussi adapté nos repas avec plus d’apports en calories ». Un travail conséquent avait été réalisé en amont avec le labo R&D de Sodebo qui a préparé des plats lyophilisés adaptés à chacun qui répondent justement à leurs besoins nutritifs (autour de 4000kcal dans les zones froides). Quoi qu’il en soit, même si le mercure a chuté, l’ambiance est au beau fixe entre les marins. « C’est grisant de constater que les conditions changent, apprécie Pierre. On se rapproche d’endroits encore plus hostiles et on est prêt pour s’y confronter ! »

Réaction de Thomas Coville au passage du cap : « C’est un super moment d’équipe. Cela nous fait passer un petit peu le fait que nous n’avons pas eu bcp de vent, et que ça n’allait pas très vite aujourd’hui. On s’est bagarré toute la journée pour ça ! Et là, nous vivons ce cap de Bonne Espérance tous les 7 ensemble, tout le monde s’est réveillé pour le passage. On est très content du temps et c’est vrai que symboliquement, faire sous les 11 jours, c’est un super temps ! C’est un temps qu’on avait envisagé avec l’équipe de routage. Maintenant c’est un tiers du parcours, on va s’appliquer à continuer ! « 

Suivre Sodebo 3 sur la cartographie : https://sodebo-ultim3.sodebo.com/

Sodebo Ultim 3 à l’assaut du Trophée Jules Verne !

Sodebo Ultim 3 a franchi ce lundi 15 décembre, à 21h 01min 05s (heure française), la ligne de départ du Trophée Jules Verne, située entre le phare de Créac’h (Ouessant) et le Cap Lizard (sud-ouest de l’Angleterre). Pour battre le record, l’équipage doit recouper la ligne avant le 25 janvier 2026 à 20h 31min 35s (heure française). 

C’est un stand-by qui n’aura pas duré longtemps. Le Team Sodebo observait depuis plusieurs jours ce qui semblait être une bonne fenêtre de départ pour le Trophée Jules Verne. Celle-ci s’est confirmée et Thomas Coville, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle, Benjamin Schwartz et Nicolas Troussel ont quitté le ponton de Lorient ce lundi matin. Après les derniers checks techniques, ils ont mis le cap vers la ligne de départ, située à la pointe de la Bretagne. Le trimaran géant s’est élancé de Ouessant ce lundi 15 décembre à 21h 01min. Le record à battre ? 40 jours 23 heures et 30 minutes, propriété depuis janvier 2017 d’Idec Sport (Francis Joyon).

Une décision rapide  
2ème de la Transat Café l’Or le 6 novembre, et moins d’un mois après le retour du trimaran à Lorient, le Team Sodebo, composé de plus de quarante personnes, a relevé un sacré défi pour mettre le trimaran géant en configuration Tour du Monde ! C’est chose faite, ce qui permet à l’équipage de Sodebo Ultim 3 de saisir la première et belle opportunité météo pour descendre l’Atlantique dans les temps du record.
Thomas Coville : “On avait annoncé qu’on voulait être en stand-by le 12 décembre et on part dès le 15. C’est quasiment le plan parfait. C’est une très belle fenêtre d’Atlantique Nord, comme on n’en a pas vu depuis très longtemps. Elle nous permet de faire une belle trace.Prendre la décision de partir sur un tour du monde, c’est vraiment la chose que je trouve le plus difficile à chaque tentative. Celle-là l’est particulièrement en étant dès le début du stand-by et avec assez peu de temps depuis la Transat Café L’or.. Une fois qu’on est parti, c’est notre travail, c’est notre passion, c’est ce qu’on sait faire. »

Une histoire à concrétiser
Un an après leur dernière tentative, l’équipage de Sodebo Ultim 3 est de nouveau à l’assaut du Trophée Jules Verne. Thomas Coville : « Nous sommes les mêmes sept que l’an dernier. Humainement c’est important de repartir avec un équipage qui connaît bien le bateau, aguerri, qui se connaît bien et qui se connaît même mieux que l’année dernière. Nous avons fait la Route du Café avec Benjamin, cette deuxième place nous a apporté énormément.  Aujourd’hui, on va vivre quelque chose à 7 qui va être incroyable. Je le sais et je le sens. Recommencer : c’était une volonté qu’on a tous eu l’an dernier, quand on s’était arrêté sous l’Australie. On a mis tout en œuvre pour repartir ensemble. » 

Des conditions météo très favorables
Thomas Coville : “Ça promet des temps canons, en dessous de 5 jours à l’équateur, quasiment pour toutes les routes. Je reste plus prudent sur la suite parce que les enchaînements avec l’Atlantique Sud peuvent vite évoluer mais pour le moment on est entre 10 et 12 jours à Bonne Espérance. Ne pas tenter cette fenêtre, ce serait passer à côté d’une excellente fenêtre. On a envie d’oser! »

Benjamin Schwartz : « Là il y a vraiment une super belle fenêtre. Il y a beaucoup d’envie dans tout l’équipage donc c’est l’essentiel. On est assez serein là-dessus. Les 48 premières heures seront assez engagées jusqu’au sud du Portugal avec du vent mais surtout beaucoup de mer. Néanmoins ce sont des conditions qui nous emmènent rapidement dans l’Atlantique Sud avec de superbes projections. Aujourd’hui ce sont de très bons temps à l’équateur et à Bonne Espérance. On est opportuniste, il faut être opportuniste pour ce genre de record et on connaît tous le bateau. On va se mettre dans le bain très rapidement ! »

Les temps de référence à retenir : 
Record du Trophée Jules Verne (IDEC SPORT) : 40J 23h 30min :
Equateur: 5j 18h 59min
Bonne Espérance: 12j 19h 28min
Cap Leeuwin : 17j 6h 59 min
Cap Horn : 26j 6h 45 min
Temps de référence Equateur (SPINDRIFT) : 4j 20h 7min
Temps de référence Bonne Espérance (MAXI EDMOND DE ROTHSCHILD) : 11j 9h 53min
Equipage de Sodebo Ultim 3 pour la tentative de Trophée Jules Verne : 
Thomas Coville (57 ans) – Frédéric Denis (41 ans) – Pierre Leboucher (45 ans) – Léonard Legrand (31 ans) – Guillaume Pirouelle (31 ans) – Benjamin Schwartz (38 ans) – Nicolas Troussel (51 ans)

Le premier quart du tour du monde

Routeur, météorologiste, stratégiste, Christian Dumard est surtout un passionné de navigation à la voile. Conseiller météo sur plus d’une dizaine de tentatives de records du tour du monde, en plus de ses conseils auprès d’organisateurs de pas moins de 3 Vendée Globe, 3 Ocean races et 2 Golden Globe, il est, pour les navigatrices de The Famous Project CIC, la voix de la terre qui aide Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) à décrypter et à déchiffrer la meilleure route pour tourner autour du globe à bord d’un Maxi Trimaran de course au large.

Alors que The Famous Project CIC aborde dans d’excellentes conditions la fin hautement symbolique de la première phase Atlantique de son parcours du Trophée Jules Verne, Christian voit son respect et son admiration pour cet équipage 100% féminin croitre au fil des milles. Son approche toute en humilité et en prudence raisonnée s’avère au regard de l’immensité du challenge, la seule et bonne manière pour ambitionner de « boucler la boucle », et devenir le premier équipage entièrement féminin à finir un tour du monde en équipage et sans escale, avec le meilleur chrono possible.

Une entrée en matière raisonnée

Tandis qu’Alexia, Dee et les équipières en terminent avec leur deuxième semaine en mer, plusieurs vérités s’imposent à l’observateur, qui viennent donner à cette aventure hors norme toute sa saveur et toutes ses épices. Jamais cet équipage récemment concocté, n’a navigué aussi longtemps ensemble à bord d’IDEC SPORT. Seules trois de ces femmes ont l’expérience du grand sud, aucune à bord de maxi multicoque. Rarissimes sont celles à avoir navigué en course, en multicoque, autour du monde, et on pense naturellement à Tracy Edwards et ses équipières du catamaran Royal et Sun Alliance, contraint à l’abandon à mi-parcours. Dona Bertarelli sur Spindrift et Dame Ellen McArthur sur le trimaran B&Q Castorama peuvent, elles, se targuer d’en avoir terminé avec un tour du monde en multicoque. « Entrer prudemment dans ce tour du monde relève de la simple intelligence de mer » souligne ainsi Christian Dumard. « Toutes ces navigatrices font preuve d’un grand professionnalisme et d’une prudence mesurée sur ce type de bateau exceptionnel, au regard de l’âge vénérable de ce trimaran lancé en 2006, et au regard de leur ambition de finir cette course. Je suis très admiratif de leur capacité à mettre le curseur au bon endroit et de leur incroyable sérénité. C’est le tour du monde de la bienveillance, du vouloir bien faire, du partage, dans le calme et la bonne humeur mais aussi de la sportivité. Elles prennent le temps d’entrer dans leur course et de prendre toute la mesure de cet incroyable bateau que peu de marins ont su maitriser. Elles progressent chaque jour, chaque mille un peu plus et s’enhardissent sans s’affoler et sans excès. Elles prennent toute la mesure des potentialités, des spécificités du bateau, de ses limites aussi, et vont progressivement, à leur main, le solliciter chaque jour davantage. C’est là une approche très intelligente, qui préserve les organismes et le matériel. »

A la table des Grands…

Alexia le répète à l’envi, les 7 navigatrices et elle-même se sont invitées à la table des grands, sur un Trophée Jules Verne qui n’a vu que d’immenses marins oser tenter de se l’approprier, Peter Blake, Steve Fossett, Olivier de Kersauzon, Bruno Peyron, Franck Cammas, Thomas Coville, Francis Joyon… « Nous naviguons sur les épaules des géants » murmurait avec humilité Alexia Barrier. Leur progressive montée en puissance relève d’un calcul, d’une réflexion assumée. « La mise en route dès le départ a été lente » admet Dumard, « mais justifiée par un état de mer « casse bateau », 4 à 5 mètres de creux dans lesquels elles n’ont pas voulu prendre le moindre risque. Bien leur en a pris et elles ont pu bénéficier ensuite d’un alizé version tranquille, parfait pour continuer leur entrée en matière. Certes, le pot au noir s’est agrandi sur leur passage, et leur a fait subir toute une journée au ralenti. L’alizé de sud-est s’est montré très modéré et l’équipage a pu poursuivre leur apprentissage du bateau, de la longue vie en communauté, et se projeter dans cette première grosse réalité de leur tour du monde, l’entrée dans les régimes perturbés du grand sud. Un enchainement des plus favorable se présente à elles pour rallier le sud du continent africain, dans la nuit de dimanche à lundi prochain, au terme d’environ 16 jours depuis Ouessant. »

L’entrée dans le Grand Sud

C’est déjà la réalité pour l’équipage de The Famous Project CIC en cette fin de deuxième semaine, l’entrée dans les latitudes australes, le « pays de l’ombre » dont elles n’émergeront qu’en parant le Cap Horn, d’ici 3 à 4 semaines.  Le schéma météo immédiat montre des signes de divergence, ce qui laisse penser que le vent va osciller en force. Une ligne de nuages visible sur les images satellites se trouve exactement sur la route du bateau. Les rafales sous ces nuages sont plus fortes que le vent établi, incitant à la plus grande vigilance. L’approche du Cap de Bonne Espérance présente d’emblée un choix de route très marqué, entre une route « normale » au sud, et une route « conservatrice » au nord. L’équipage et les routeurs s’accordent pour rester au nord pendant les 24 à 48 heures à venir afin d’éviter les vents « très forts » et les rafales plus au sud à plus de 60 noeuds. L’option sud est plus rapide mais jugée trop extrême pour un premier contact avec une dépression du sud. La route conservatrice au nord est privilégiée pour réduire la hauteur des vagues et la charge sur le bateau, permettant à l’équipage d’entrer progressivement dans ces nouvelles conditions. A noter, le courant des Aiguilles* est à surveiller de près. Il convient d’éviter les situations où le vent serait contraire au courant, ce qui lèverait une mer dangereuse.

Dans les jours à venir, l’équipage vise à dépasser les vitesses prévues par le routage, de choisir la voile idéale pour le vent variable en journée et prévoir un changement afin d’anticiper un éventuel renforcement du vent ou une visibilité réduite.

*Le courant des Aiguilles est un courant marin de l’océan Indien. Il tire son nom du cap sud-africain des Aiguilles. Il s’écoule le long de la côte est sud-africaine, vers le sud-ouest, et est par endroit mesuré à plus de 4 noeuds.

L’Equateur pour The Famous Project CIC

Les 8 femmes de The Famous Project CIC ont franchi l’Equateur avec joie hier à 18h15 heure française en 8 jours 3 heures 35 minutes, l’occasion de se détendre un peu dans leur tour du Monde effréné à bord du maxi-trimaran IDEC SPORT et de bizuter Deborah Blair pour qui c’était une première !